.:.Compte Rendu de Concert.:.

Pochette

Hellfest - Open Air - Main Stage

1ère partie :

Le : 17-06-2011

Lieu : Clisson

compte rendu proposé par Fabien et publié le 23-06-2011

C'est sous un ciel couvert que s'ouvre cette nouvelle édition du Hellfest. On le sait, il devrait pleuvoir et les habitués ont encore en mémoire une édition 2007 sous la pluie et dans la boue. Pour cette année, ces intemperies seraient le fait, enfin ils en sont persuadés, d'un exorcisme lancé par un groupuscule de catholiques intégristes dont on taira le nom par simple charité chrétienne. Au-delà du ridicule de cette action isolée, le festival n'aura pas vraiment connu, cette année de polémiques de grande ampleur, si ce n'est une obscure histoire de déprogrammation dont on vous passera les détails tant la chose est devenu à présent anecdotique. En tout cas, et pour la première fois de son histoire, le Hellfest a été complet. 80 000 personnes étaient donc attendues pour la dernière fois sur le site du Val de Moine. En effet, le festival, après quelques incertitudes, restera bien dans la commune de Clisson mais plus au même endroit. Nous verrons tout cela en temps voulu.

Alter Bridge

Alter Bridge

Alter Bridge

10 heures, donc, ouverture des portes. 10H30 premier concert avec Klone qui a gardé toute sa motivation pour jouer devant un parterre loin d'être plein (à cette heure ci on s'en doute un peu) mais qui lui réserve un bon accueil malgré les premières fraicheurs qui se font sentir. En effet, la journée va être rythmée entre les averses, les bourrasques et les éclaircies mais cela n'empêchera personne de prendre du plaisir sur des concerts qui, à partir de cet instant, vont s'enchaîner sans temps morts. Au pire les festivaliers iront se refugier sous la Terrorizer Tent (mon fief pendant ce festival) ou la Rock Hard Tent. Cependant ces deux scènes ont une capacité réduite et elles ont vite montré leurs limites. Peu importe, pendant trois jours, on aura assisté à de belles passes d'armes, d'autres moins bonnes, voire anecdotiques mais nous y reviendrons en temps voulu.

Architects

Architects

Architects

Parmi les têtes d'affiche de cette journée on comptera Iggy Pop & The Stooges, Morbid Angel, Rob Zombie, In Flames, Meshuggah, Down, The Cult... Si tout le monde les attends il y aura aussi de belles surprises avec des groupes qu'on attendait pas forcément. On aurait du se méfier, par exemple, des japonais de Maximum the Hormone qui ont su créer la surprise avec leur mélange de death, de punk et de j-pop. Ca saute partout, c'est virevoltant, jamais dans le demi-mesure mais toujours débordant d'énergie. L'exubérance nippone à son comble. D'autres formations comme Alter Bridge, Architects, Valient Thorr ou Dagoba, dans leurs styles respectifs, sauront faire plus que tirer leur épingle du jeu. On regrette simplement de ne pas tout voir ou que par bout. Dans le lôt on aurait bien jeté un oeil et une oreille aux norvégiens de Dodheimsgard dont le black métal avant-gardiste matiné de sonorités industrielles aurait pu valoir le détour.

Dagoba

Dagoba

Dagoba

De même on n'aura pas vu grand chose de la Rock Hard Tent si ce n'est Svart Crown, Malevolent Creation et Krisiun, formations de black et de death métal dont j'ai bien eu de la peine à me faire une idée honnête tant ce n'est vraiment pas mon territoire. Ce qui ne m'a pas vraiment incité à lorgner vers les autres groupes programmés comme Vader, Belphegor ou Possessed. Seul Mayhem attire mon attention mais ce ne sera qu'en fin de soirée et ce malgré toutes les critiques que ce groupe a pu suscité. En attendant la grosse cavalerie, surtout sous la Terrorizer Tent, il est toujours temps de fureter au merchandasing qui, encore cette année, est plus que fourni. Et il vaut y rester un petit peu car la météo, on l'a vu n'est pas spécialement clémente. Ceci étant, ce ne sont pas quelques gouttes de pluies qui vont décourager les festivaliers qui, globalement, restent en masse pour regarder les concerts.

Valient Thorr

Valient Thorr

Svart Crown

Svart Crown

On approche les 17 heures et malgré les difficultés météorologiques l'ambiance reste bon enfant. Mais c'est aussi vers cette heure là que la grosse cavalerie commence à arriver sur scène que ce soit sur les deux Main Stage que sous les tentes. Sur les deux premières vont se succéder The Cult et The Exploited. Deux groupes rescapés des années 80. Deux styles très différents. L'un vient du rock gothique l'autre du punk. C'est ce qui fait la magie du Hellfest en même temps. Son ecclectisme. S'il était resté dans une tendance purement métal il serait devenu un festival comme les autres et assez stéréotypé. En attendant, les deux formations brittaniques font exactement ce qu'on attendait d'elles. Sans chichis et sans donner l'impression de cachetonner non plus. C'est plus qu'appréciable ce qui nous permet de voir des 'historiques' sans avoir l'impression de voir des croulants qui essayent de faire encore illusion.

The Cult

The Cult

The Cult

The Exploited

The Exploited

Les deux suivants sont également des vétérans. Egalement, ils officient dans des esthétiques musicales très différentes. D'un côté, nous avons Down, le groupe de Phil Anselmo, déjà présent à l'édition de 2009. De l'autre, les très techniques métalleux de Meshuggah dont la réputation n'est plus à faire. Là encore, le public ne fait pas défection et Phil Anselmo s'en donnera à coeur joie pour s'approcher au plus près de ses fans. Et Down reste Down, pas de grosses surprises mais un show efficace. Dans le cas de Meshuggah, mené par le très expressif Jens Kidman, j'ai un peu plus de mal. Basse lourde, guitare et batterie bavardes, le groupe ne démérite pourtant pas à créer le show. Down et Meshuggah ont ceci en commun qu'ils possèdent un chanteur charismatique et même si on n'apprécie pas forcément ces groupes on ne peut pas dire qu'on s'ennuie fatalement à les regarder.

Down

Down

Meshuggah

Meshuggah

Par contre, Iggy Pop a beau toujours être charismatique on n'aura pas pu s'empêcher de penser que son set a été assez pathétique. Certes, il continue à se tortiller à moitié à poil (enfin à moitié au début, complètement à la fin), attirant vers lui tous les regards mais quelle était cette idée de remettre sur pieds The Stooges. Quand on voit ce qu'il en reste et toute l'apathie qu'ils dégagent il aurait mieux fallu qu'ils s'abstiennent. En gros, outre de voir l'Iguane en chair et en os, cela n'avait pas beaucoup d'intérêt. A leur suite, vient Morbid Angel, déjà présent à l'édition 2008, qui défend son dernier album (Illud Divinum Insanus) qui vient à peine de sortir. Presque trente ans carrière et autant de capacité à irriter les biens pensants et les culs bénis. Ils ont pu jouer, sans encombres, devant une belle foule venu soutenir ces princes du death metal. Ils étaient tout aussi nombreux à assister au set du grand-guignolesque Rob Zombie qui s'est montré fort impressionnant tant visuellement que musicalement. Sans doute un des grands moments de ce festival. Pour finir Mayhem n'a pas fait que des heureux. Le groupe mythique mené par Attila Csihar est loin d'avoir convaincu tout le monde. C'est un peu comme à chaque fois en somme. Là aussi beaucoup de théatralité mais en plus dark, en plus malsain, forcément. On n'arrive pas toujours à suivre, alors on préfère s'éclipser et laisser Mayhem à ses vrais adeptes.

Morbid Angel

Morbid Angel

Rob Zombie

Rob Zombie

Crédits photos : Romain Ballez

A voir également :

http://www.hellfest.fr/

?>