.:.Compte Rendu de Concert.:.

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Festival Couvre Feu

1ère partie :

Le : 21-08-2010

Lieu : Corsept

compte rendu proposé par Fabien et publié le 24-11-2010

Je ne sais pas comment c'est dans les autres pays mais, en France, les festivals ce n'est pas ce qui manque. Rien qu'en Bretagne (j'entends la Bretagne historique), pendant tout l'été, il y a largement de quoi faire. Si tout le monde connait Les Vieilles Charrues, le Hellfest, La Route du Rock, d'autres manifestations existent, de moindre taille et avec des programmations plus ou moins intéressantes. Soyons francs, certains festivals ne sont que des aimants à touristes dont la programmation sans risques ne font aucunement douter des intentions des organisateurs. Ceci étant, d'autres ont une démarche plus militante, avec encore cette volonté de faire découvrir des artistes qu'on ne verrait pas forcément ailleurs à côté de quelques têtes d'affiches qui autrement, dans de grosses machines estivales, seraient noyées dans la masse. Couvre Feu, situé à Corsept, en périphérie de Saint Nazaire, est ce genre de manifestation à visage humain qui, pendant trois jours, aura présenté des artistes d'horizons divers allant de la chanson au reggae en passant par l'électro, le rap, le punk rock... Au total 22 formations se sont succédées du 20 au 22 Août dernier, attirants une foule compacte et déterminée. En tout c'est ce que nous avons pu constater pendant la journée du samedi qui proposait, dans l'ordre, Fatty & Shorty Ramone, Florent Vrintignier, Syncopera, Max Romeo, Jello Biafra & The Guantanamo School Of Medecine, Opium Du Peuple, Beat Torrent et la toute dernière dâte d'Ez3kiel vs Hint.

Fatty & Shorty Ramone

Fatty & Shorty Ramone

Divisé en deux scènes, c'est tout naturellement que les bordelais Fatty & Shorty Ramone ont débuté cette journée du festival en plein milieu du site, à même le sol, dans une attitude tout à fait rock'n'rollesque, reprenant le répertoire garni des Ramones devant un public amusé mais encore peu nombreux. C'est un peu dommage car nos deux gugusses s'appropriaient ces poses si caractéristiques du groupe new-yorkais avec un mimétisme certain mais sans vraiment se prendre au sérieux et avec des moyens ultra limités. Hey ! Ho ! Let's Go ! Cela méritait d'en voir un peu plus mais l'interview d'Opium Du Peuple ne pouvait pas attendre (interview que l'on peut lire ICI). La chose faite, on me propose gentillement d'autres interviews selon mes envies à l'exception de Jello Biafra qui, apparement, est assez dur à obtenir. Le choix se porte naturellement sur Ez3kiel vs Hint, ce qui est accepté et effectué dans la foulée (à lire à cet ENDROIT).

Florent Vintrigner

Florent Vrintigner

Du coup, cela m'a laissé que très peu de temps pour voir Florent Vrintignier, chanteur en chef de La Rue Kétanou qui officiait la veille. Là encore, ce n'est que devant un public clairsemé que le parisien, accompagné de trois autres musiciens, distilla avec une bonne humeur évidente ses chansons. De la bonne humeur, il pouvait en avoir car la petite centaine de personnes présentent étaient littéralement conquises et acclamèrent Florent Vrintignier et sa troupe comme si ils étaient trois fois plus.

Syncopera

Syncopera

Et ce fut là qu'on se rend compte que Couvre Feu est un festival réglé comme du papier à musique. A peine Florent Vrintignier a fini son set que Syncopera, combo de Toulouse, commença le sien sur la seconde scène. A Couvre Feu on ne plaisante pas avec les horaires. Chaque concert de la journée commencera à l'heure et aucun retard ne sera donc constaté. C'est suffisament rare pour qu'on le souligne ici, ce qui nous a permis de suivre chacune des performances sans rien vraiment louper. Syncopera donc. Un quatuor de jeunes pousses qui ont eu l'ingénieuse idée de mêler le hip-hop au blues et au rock. Débordant d'énergie, Syncopera emporta une vive adhésion devant un public de plus en plus nombreux. Impressionant de virtuosité, les toulousains ne manqueront pas ce rendez-vous. Le festival semble alors avoir pris sa vitesse de croisière ainsi que les festivaliers qui, jusqu'à la fin de la soirée ne lèveront pas vraiment le pieds.

Max Romeo

Max Romeo

A 20h15 pétante c'est Max Romeo qui prends la suite. Enfin ses musiciens, car, à la manière d'un James Brown, on prépare la foule à la venue du grand maître du reggae. Heureusement, il ne fera pas trop patienter son public et, malgré le poids des ans, il remplira son office sans faire d'excès particulier. Fort bien accompagné (pour un homme de son standing, il vaudrait mieux), Max Romeo a fait tout simplement ce qu'on attendait de lui et vu comment se sont précipités les spectateurs dès que les premières notes ont raisonné, il était évident que beaucoup étaient venu pour lui. Mais de là à dire que ce fut le meilleur concert de la soirée ce serait sans doute exagéré. C'était tout simplement plaisant, sans doute l'une des dernières occasions de pouvoir voir un historique du genre et l'impression, finalement de vivre un moment unique.

Jello Biafra & The Guantanamo School Of Medecine

Jello Biafra & The Guantanamo School Of Medecine

Un moment qui fut moins unique fut sans doute celui passé avec Jello Biafra puisque j'avais eu l'occasion de croiser son chemin deux mois plus tôt dans le cadre du Hellfest. Jello est en tournée et a fait plusieurs dâte en Bretagne, mais pouvoir assister à un concert de l'ex Dead Kennedy's ne se refuse vraiment pas. Comme au mois de juin, Biafra se démena comme un beau diable, libérant sa diatribe anti-capitaliste, glissant quelques mots peu agréables envers Nicolas Sarkozy et implorant que l'on taxe une fois pour toute ces hauts revenus qui ne circulent qu'en circuits fermés et qui font cruellement défaut à toute société. On ne refait donc pas Jello Biafra et celui-ci se dépense sans compter pour dispenser la bonne parole. Cette dernière est, par les temps qui courent, plus que jamais actuelle et même si il reprend des morceaux des Dead Kennedys, le discours qui est véhiculé par ces chansons ne semblent pas avoit pris une ride. Autant on se prend une claque musicalement parlant, autant on se dit qu'un personnage comme Jello Biafra est plus que jamais indispensable.

Jello Biafra & The Guantanamo School Of Medecine

Jello Biafra & The Guantanamo School Of Medecine

Après ce moment de conscience politique, c'est un peu plus de légèreté qu'on nous promets avec Opium du Peuple. Quoique. Car sous leurs airs bonhommes et de joyeux lurons il y a une vraie envie chez ce groupe de ne pas se laisser marcher sur le coin de la gueule et de pousser quelques gueulantes contre la connerie humaine. Le principe d'Opium du Peuple est simple. Il s'agit de reprendre des standards de la chanson française et de la resservir à la sauce punk-rock. Au départ on pouvait douter de la chose, se dire qu'on aurait le droit à quelque chose d'un peu lourdaud et populiste. Certes, chez Opium du Peuple on a le sens de la déconne mais très loin de celle que l'on voit arriver à l'avance avec ses gros sabots. Le groupe soigne son entrée en choisissant de mettre en musique d'introduction l'Ecstasy of Gold d'Ennio Morricone. Le seul morceau que les albigeois ne modifieront pas, le laissant se jouer dans sa version originale comme si on ne devait pas toucher à un chef d'oeuvre et évitant le massacre d'un Metallica. C'est mieux ainsi. De toute façon, Opium du Peuple n'est doué que dans le détournement punk de notre varièt' nationale. De Johnny à Renaud en passant par Vassiliu, Coluche et même une version au piano d'Antisocial de Trust, Opium du Peuple ne se refuse rien. Ils ne se refusent pas non plus l'emploie de danseuses qui interviendront à diverses reprises dans différentes tenues. Ils ne se refuseront pas non plus un solo de batterie homérique, peut-être pas aussi impressionant que celui de Mikkey Dee au dernier Hellfest mais tout à fait jouissif. La (bonne) tension ne redescent donc pas. Et elle n'est pas prêt de redescendre puisque beaucoup de monde attendait également les nantais de Beat Torrent.

Opium Du Peuple

Opium Du Peuple

Ca hurle dans tous les sens, ça trépigne, on appelle le duo pour qu'il se mette à l'oeuvre au plus vite. Cependant, il n'y avait pas lieu de s'échauffer les esprits puisque Beat Torrent commencera à l'heure. Et pendant une heure les deux hommes surélevés, laissant apparaitre sous eux un travail vidéo d'une très haute qualité, en donneront pour leur argent aux festivaliers de Corsept. Pas de temps mort, si ce n'est pour les deux Beat Torrent d'interpeller la foule nombreuse qui s'est pressé pour écouter leur électro big beat foutraque faites de sampling dingos rappellant l'époque des 80's et des 90's dans tout ce qu'elles pouvaient avoir de reluisantes ou de repoussantes. Même dans ce dernier cas, quand Beat Torrent s'approprie des samples qu'on aurait préféré oublier ils en font de l'or capable de mettre une suée à quelques milliers de personnes en même temps.

Beat Torrent

Beat Torrent

Cependant, en ce qui me concerne, la véritable attente réside bien dans ce qui sera la toute dernière dâte du projet Ez3kiel Vs Hint. Malheureusement amputés de leur matériel visuel, les deux formations se borneront à faire ce qu'ils ont fait pendant 30 dâtes. Un show dantesque, envoutant, fait d'énergie brut, parfois proche du mysticisme mais dégageant une force incroyable à vous laisser bouche bée et quasiment inhibé. Une fois de plus Hint et Ez3kiel hypnotisent et démontrent que le projet fut bien l'un des plus beaux initié en 2009 et qui trouva un beau prolongement jusqu'à cette soirée. Sur cette performance, il n'y a sans doute pas grand chose à dire de plus si ce n'est que nous ne sommes sans doute pas prêt de revoir une association d'une telle envergure. Pour ceux qui n'auront jamais eu la chance de les voir il leur reste le dvd, magnifique objet qui donne une idée très juste de ce que l'on a pu voir sur scène. Un grand merci.

Hint vs Ez3kiel

Hint vs Ez3kiel

il est aussi à noter que le festival proposait d'autres activités comme le Cabaret de Monsieur Hippolyte où de nombreuses attractions pour tous les âges étaient dispensées. On pouvait également visiter le Petit Atelier où Eric Fleury, illustrateur du festival, exposait avec quelques-uns de ses amis. Enfin, comme le festival ne commençait pas avant la fin de journée, on pouvait se cultiver en allant au Cinéma de Plein Air où l'on pouvait voir les documentaires One Trip Some Noise, La Route Est Longue, L'Exploration Inversée et un Hommage à Mano Solo.

Hint vs Ez3kiel

A voir également :

http://www.couvrefeu.com/

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