.:.Compte Rendu de Concert.:.

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Hellfest - Open Air

1ère partie :

Le : 20-06-2010

Lieu : Clisson

compte rendu proposé par Fabien et publié le 01-08-2010

Dernier jour de festivités mais, le moins que l'on puisse dire, c'est que ce dimanche est certainement la journée la plus attendue. Bien entendu, la grosse attraction reste, malgré les moqueries, Kiss qui passera en fin de soirée pour un show de deux heures que l'on espère pas trop pathétique. Cependant , Kiss ne saurait attirer à lui tous les regards. Heureusement d'ailleurs car le programme de la journée est terriblement chargé. On regrette déjà d'avoir honteusement loupé Omega Massif qui méritait peut-être de jouer un peu plus tard dans la journée au lieu d'ouvrir la matinée sous la Terrorizer Tent en même temps que Blaspheme (ce qu'on regrette un peu moins) qui, eux, officiaient sur le Mainstage 02. Tant pis, on se dit qu'il y a largement de quoi se rattraper. Trop même car on a un peu peur de louper des choses essentielles. De toute façon on sait que cela sera inévitable. La matinée verra défiler les guerriers de Sabaton qui joueront leur inévitable Prima Victoria, les folk métalleux d'Eluveitie, les vétérans de Vulcain et les teutons de Primal Fear. On ne les cite pas tous mais en ce début de journée il y avait largement de quoi faire et se remettre dans le bain après un vendredi et un samedi bien chargés.

UDO

UDO

Cependant, pour nous, c'est seulement avec U.D.O. que les choses vont vraiment commencer. Les allemands ne sont certainement pas de la première jeunesse et Udo Dirkschneider, malgré un embonpoint non négligeable, fait plus que tenir la route. Certes, il n'y aura pas d'excès mais tout simplement un set prompt à contenter les fans du combo germanique. Et à vrai dire personne ne demandait mieux.

Behemoth

Behemoth

Juste à suivre sur le Mainstage 02 ce sont les black métalleux de Behemoth, tout droit venus de Pologne, qui prennent la suite dans un cérémonial digne de leur réputation pour un show tout en puissance et en vitesse d'exécution. Avec Behemoth nous ne sommes pas là pour rigoler et si on doit les comparer avec Immortal, il n'y a pas photo. Behemoth était largement plus impressionant, sans dénigrer pour autant la performance d'Immortal. Certainement plus dans la surenchère, Behemoth allait plus loin et, visuellement, se montrait plus intéressant. Personne ne s'y trompe. Le groupe remporte une belle adhésion.

Saxon

Saxon

Cependant, comme on s'est résolu à voir le maximum de choses on file regarder Rwake sous la Terrorizer Tent. Le groupe de sludge, mené par la doublette vocale C.T.et B (dont la particularité est d'être masculo-féminine), mène sa barque avec une grosse conviction. Certes, ils ne seront pas les plus impressionnants ni les plus extrêmes (si on devait prendre l'exemple de Watain, jouant le vendredi, incarnation violente, sombre et malsaine avec des musiciens, couverts de ce que l'on croit être du sang, tout droit sortis d'un enfer innomable) mais ils parviennent à imposer une belle intensité qui fait trembler la Terrorizer.

The Devin Townsend Project

Stonesour

Stonesour

D'ailleurs, la Terrorizer n'aura fait que cela pendant ces trois jours car c'est souvent à cet endroit que l'on aura vu les meilleurs concerts et on en aura la confirmation encore un peu plus tard dans la journée et dans la soirée. En attendant, et pendant que Romain notre photographe bataille pour avoir quelques clichés de Saxon, Stonesour, Devin Townsend et Exodus, il faut bien se restaurer quelque peu et la galère rencontrée les jours précédents se répète. En effet, le Hellfest est victime de son succès. Le festival attire de plus en plus de monde et on a l'impression que le site atteint ses limites. On éprouve de plus en plus de mal à se déplacer, surtout au niveau des Mainstage. Les points de désaltération et de restauration sont littéralement pris d'assauts. A certains moments de la journée il était vraiment difficile d'être contenté. Et pourtant ce n'est pas l'offre qui manquait. Des stands à profusion, des points de débits de boisson en quantité mais il faut croire que c'était à peine suffisant. On le voyait même sur le visage des bénévoles mais, heureusement, le public était largement compréhensif et prenait son mal en patience sans râler (ou si peu).

Exodus

Exodus

Exodus

Cependant, pendant qu'on se restaure, qu'on discute, qu'on compare ses points de vues, qu'on s'attarde dans la (très belle) zone de merchandising, on en oublie presque le principal. Et c'est là qu'on se prend la tête à deux mains en se disant que l'on a honteusement manqué Mondo Generator et que l'on va se flageller tout le reste de l'année pour cet impair. On se rattrape alors un peu avec le death metal toujours efficace des américains de Suffocation mais ce que l'on attend avec impatience c'est bien le passage de Brant Bjork And The Bros. Chose qui ne manque pas d'arriver et celui qui est considéré comme l'un des papes du stoner ne déçoit aucunement. Un concert sans déchets et Brant Bjork, appuyé par The Bros, se montre au meilleur de sa forme. On ne voit pas le temps passer et Brant Bjork hypnotise son public mais on ne regrette pas. En effet, à ce moment là nous ne sommes pas sur qu'il se passe quelque chose de mieux sur les autres scènes.

Exodus

Motörhead

Motörhead

On reste donc sur une très bonne impression mais à peine le set terminé qu'il faut penser à aller voir Motörhead. Mythe parmi les mythes. Voir Lemmy chanter Ace Of Spade est évidemment ce que tout le monde attends mais si on avait du se contenter de cela nous aurions été vite déçu. D'ailleurs, Lemmy et ses camarades ne se sont pas spécialement attardés sur cette chanson, la jouant comme si cela était un passage obligé. C'est donc sur le global et sur un Mikkey Dee en grande forme et auteur d'un solo de batterie dantesque, que Motörhead aura su convaincre une populace complètement acquise à leur cause. On le serait à moins car voir Motörhead en live reste un événement que l'on doit avoir fait au moins une fois dans sa vie.

Motörhead

Slayer

Slayer

On se remet à peine du set qu'il faut foncer voir The Dillinger Escape Plan pour se prendre une nouvelle série de baffes. On connait les américains pour se donner à fonds pendant leur concert. Une fois encore The Dillinger balancera les upercuts sans compter à la dépense. Pour ne les avoir jamais vu en live, je dois avouer que j'ai été largement bluffé. Une performance à la limite de la folie, une débauche d'énergie totale que peu auront égalé pendant cette édition 2010. On doit le dire, même si The Dillinger Escape Plan n'est plus une découverte sur le plan musical, le groupe aura délivré l'un des tout meilleurs concerts de ce week end. Ni plus, ni moins. Cela valait bien deux vidéos qui, prisent sur le vif et d'une belle qualité, démontrent à quel point les américains ont peu d'équivalent et que les mots restent superflus pour détailler leurs concerts.

Le festival tire à sa fin et on aura loupé Slayer. The Dillinger Escape Plan valait bien cette petite entorse. Et pour nous remettre de nos émotions on peut siroter quelques bières en regardant le début du concert de Kiss avant, comme la veille, de prendre un nouveau choix cornélien : choisir entre Bloodbath et John Garcia échappé de Hermano pour reprendre un large éventail des meilleurs morceaux de Kyuss. Finalement le choix ne fut pas si rude que cela. John Garcia remportait largement les suffrages. On délaissa donc les papys du métal boots-paillette pour voir une autre légende dans un cadre plus intimiste et chaleureux : la Terrorizer Tent. Grand bien nous en a pris car le set fut d'une haute qualité et comme Brant Bjork et Nick Oliveri étaient dans les parages ont aura eu la chance de voir, en l'espace de quelques chansons, une partie de Kyuss reformé pour des moments que l'on qualifera sans honte de magiques. La seule et vraie honte est d'avoir empêché John Garcia et ses troupes de faire un rappel réclamé à corps et à cris par l'assistance. Encore aujourd'hui on ne se l'explique pas. Etait-ce pour permettre à chacun d'entre nous de ne pas louper le final de Kiss ? C'est dommage car il y avait le temps. Ce final, fait de feu d'artifices, de flammes jaillissantes, de confettis et de démesure était bien dans l'esprit d'un gros show à l'américaine. C'était sans doute de trop mais c'était aussi dans l'esprit d'un groupe comme Kiss et plutôt sympathique pour cloturer un festival avec un public resté en masse pour voir les chantres du glam-métal. Cependant tenir deux heures devant Kiss cela devait être éprouvant. Un camarade photographe résuma ainsi la situation quand je lui demandais comment avait été le concert globalement :"bah, dès que Gene Simmons lachait une caisse on avait le droit à des flammes partout, voilà...".

Bloodbath

Bloodbath

Bloodbath

Là dessus, on décida de se retirer, satisfait de ces trois journées assez riches musicalement. Les organisateurs peuvent également l'être. Si l'édition 2009 avait attiré 60 000 personnes, cette année ce sont bien 72 000 âmes qui se sont pressés devant les scènes du Hellfest. L'opération marketing menée par Christine Boutin et Philippe de Villiers a parfaitement fonctionné. On les remercie et on leur donne rendez-vous pour l'année prochaine où il est d'ores et déjà question que le festival se tienne sur quatre jours.

Bloodbath

Bloodbath

Bloodbath

Crédits photos : Romain Ballez

A voir également :

http://www.hellfest.fr/

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