.:.Compte Rendu de Concert.:.

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Hellfest - Open Air

1ère partie :

Le : 19-06-2010

Lieu : Clisson

compte rendu proposé par Fabien et publié le 15-07-2010

Deuxième jour. Le soleil et à son firmament et la foule est plus que présente, compacte, plus bigarée que jamais et toujours aussi avide de décibels. Une fois de plus il y en aura pour tous les goûts et personne ne viendra s'en plaindre. Même si nous ne sommes pas obligé de tout aimer, il faut avouer que de Slash à Immortal, en passant par Dark Funeral et Agnostic Front, il y aura de quoi faire. Cependant ce n'est qu'en début d'après midi que nous déplacerons. Non pas que la programmation matinal ne nous intéressait pas mais il fallait bien reprendre de la veille. A vrai dire, en arrivant on ne sait pas trop par quoi commencer. On vient de louper Skarhead et on se mord les doigts (doigts qui iront un peu mieux par la suite quand on a appris que le groupe a annulé son set à la dernière minute), alors on navigue de scène en scène en espérant bien découvrir la perle rare. Mais avant toute chose, se désaltérer. Et pour le festivalier lambda cela tient presque du parcours du combattant. Mais l'appel de la soif est plus fort que tout et on est prêt à bien des sacrifices. Ainsi, c'est le dos tourné à Raven (qui était d'ailleurs en train de finir son set honorablement) que je fais la queue pour un goblet houblonné. Perdant patience, je me dis qu'il serait plus simple de fendre la foule et d'aller au carré VIP pour une désaltération accélérée.

Anvil

Anvil

Anvil

La chose faite, il faut se rendre à l'évidence, il n'y a plus vraiment de temps à perdre. Voir un peu de tout sera la mission du jour. Après le classicisme heavy de Pretty Maids et d'Anvil, sur lequel on s'est un peu plus attardé, on aura eu le temps de voir les italiens sur le retour de Sadist qui envoie du lourd mais qui visuellement restent un peu limités. Un peu plus tôt Asphyx laisse la même impression sans vraiment démériter si l'on s'en tient à leur réputation, alors que Sworn Enemy, dans un registre plus hardcore, ainsi que Born From Pain, un habitué d'étape, ne décevrons pas. Incisif et surpuissants, les deux groupes sauront se montrer au-dessus de la mélée.

Nevermore

Slash

Slash

Repassant vers les deux scènes Mainstage, on assiste aux performances de Airbourne puis de Nevermore. Il faut avouer que ce genre de groupes aux accointances plus hard classique et trash métal sont nettement moins ma tasse de thé. Et quand bien même Joel O'Keeffe (chanteur d'Airbourne) veut impressionner son monde en montant sur les hauts échaffaudages du Mainstage, cela me laisse plutôt de marbre. Cependant je devais faire parti d'une large minorité puisque les deux formations ont joué devant un large parterre largement acquis à leurs causes. Cependant, ce n'est pas une raison suffisante pour regarder jusqu'au bout même si je pouvais leur reconnaitre des qualités évidentes de technique et d'énergie. Et puis l'heure tourne et c'est bientôt le tour des suédois de Dark Funeral. Le genre de concert où l'on arrive un peu en avance histoire d'être bien placé. Car Dark Funeral est tout à fait le genre de groupe que l'on voit autant pour la musique que pour la performance visuelle. A ce niveau Dark Funeral sera loin de décevoir. Bien entendu, ce ne fut pas un grand moment de tendresse et encore moins de finesse. Quand on officie dans le black métal il est difficilement concevable qu'un groupe comme celui-ci puisse conter fleurette à un public qui attend une ultra-violence électrique. Dès les premiers instants, les suédois feront trembler la Rock Hard Tent et continueront à le faire jusqu'à la fin. Pour qui n'est pas habitué, ce qui fut mon cas, ce genre est une véritable épreuve. Epreuve dans le sens où l'expérience se révèle enrichissante. Le côté théatral du combo, son sérieux qui pousse fortement vers le côté obscur et sa capacité à outrepasser les limites du mur du son feront le bonheur de tous.

Slash

Slash

Annihilator

Cependant, une petite escapade pour voir si, oui ou non, Slash a dépassé la frontière de la ringardise s'avère nécessaire. On se dit qu'on ne restera pas longtemps. Cinq minutes, dix minutes tout au plus. C'est effectivement le temps que je lui ai accordé. Non pas par snobisme mais tout simplement c'est le temps qu'il m'a fallu pour constater que Slash, accompagné par des musiciens loin d'être manchots, ne fait que ressasser la gloire passée des Guns'n'Roses. C'est presque triste mais on se dit que le personnage ne semble pas tout à fait fini, que sa simple présence permet à une jeune génération de voir en chair et en os une légende qu'ils n'ont connu, pour la plupart, qu'au travers de ses disques. Une certaine sympathie s'installe donc mais on ne reste pas dupe de la qualité globale. Tout cela parait bien honnête mais Dark Funeral mérite qu'on retourne les voir. A vrai dire on les retrouve tel qu'on les avait quitté.

Twisted Sister

Twisted Sister

Immortal

Dans le genre grand guignolesque on aura également la chance de voir les mythiques Immortal, les Kiss du black métal, adorateurs des brassières à clous, vouant un culte sans borne aux bottes de Francis Lalanne mais auxquelles ils ont évidemment rajoutés d'inévitables clous. De toute façon, l'univers d'Immortal est fait de clous, de poses grandiloquantes, de maquillages à faire peur les grand-mères. Et, accessoirement, certaines associations catholiques. Pour autant, même si on peut ricaner sur leur compte, Immortal n'a rien d'un groupe de comiques. Ils font partis des groupes historiques de la mouvance black métal (seconde vague) et qui, même avec vingt ans d'âge, ne sont pas plus ridicules que n'importe quel groupe indie en pleine hype dont les membres se prennent crânement pour de vrais rocker. Immortal fait sans doute parti de ce folklore métal (en ce qui concerne le black métal, il fut fort contreversé et même encore aujourd'hui). Immortal est dans l'histoire et la performance de ce samedi soir fut à la hauteur de leur réputation.

Immortal

Immortal

Immortal

Ceci étant, le clou de la soirée était encore à venir. Si vous nous répondez Alice Cooper, vous êtes dans l'erreur. Et encore moins Twisted Sister. Si Vincent Furnier et le groupe du toujours permanenté Dee Snider pouvaient avoir un intérêt certain, le choix se portait vraiment entre Fields Of The Nephilim et Jello Biafra. Au final, il se portera sur l'ex-chanteur des Dead Kennedys et on n'aura pas eu à le regretter. A 52 ans, Biafra est toujours fringant, facétieux et aussi engagé politiquement. A son âge on ne peut plus se renier. Son activisme politique est démultiplié sur scène et sa façon facétieuse, son sens de la critique sociale et sa capacité à caricaturer ses cibles favorites n'ont rien perdu de leur vigueur. Clairement, Jello Biafra a fait le meilleur set de la journée et de loin, reprenant quelques morceaux des Dead Kennedys mais en montrant une énergie insoupçonnée pour qui ne l'a pas vu depuis longtemps. Son nouveau groupe, The Guantanamo School of Medecine, n'est pas composé des premiers venus. Jugez plutôt : Ralph Spight (Victimss Family, Freak Accident), Kimo Ball (Freak Accident), tous deux aux guitares, Billy Gould (Faith No More) pour la basse et Jon Weiss (Shakbait) pour la batterie. Biafra était donc bien entouré. A ma connaissance il fut le seul à pouvoir faire deux morceaux de rappel tant il a soulevé le public de la Terrorizer Tent et se payant le luxe de slamer avec ses fans au grand dam de la sécurité qui a eu le plus grand mal pour le récupérer. Un grand moment donc, pour cloturer ce deuxième épisode du Hellfest 2010. Mais il reste encore une journée et avec du très très lourd à venir.

Alice Cooper

Alice Cooper

Alice Cooper

Alice Cooper

Crédits photos : Romain Ballez

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