.:.Compte Rendu de Concert.:.

Pochette

The John Venture + Yelle + Exsonvaldes + Florent Marchet

1ère partie :

Le : 22-04-2007

Lieu : Bourges, lieux divers

compte rendu proposé par Claire et publié le 05-05-2007

Parce qu'il est des soirées où seul un groupe a retenu mon attention, parce qu'il est difficile de trouver une logique à des endroits où il n'y en a tout simplement peut-être pas… Voici quelques mots sur des concerts piochés en vrac dans la programmation de cette 31ème édition du Printemps de Bourges. Par ordre chronologique :

The John Venture – Vendredi 20/04/2007 – Le 22 Est

The John Venture
Photo François Mellet

The John Venture, c'est le projet commun d'Angil et de B R OAD WAY ; c'est la rencontre de deux mondes qui ne demandaient qu'à se télescoper. Le résultat, ce sont les aventures de John, en musique, en paroles et en images.
Côté musique, finalement assez peu d'instruments en live : une ou deux guitares, un clavier… le reste se fait aux platines ou se trouve préenregistré dans des machines. Mais attention, n'allez pas croire que cela implique un minutage ultra précis des morceaux. Si vous les surprenez en train de jeter un coup d'œil étonné à un collègue, si vous pensez percevoir un sourire mutin accroché aux lèvres d'un autre, c'est qu'ils prennent un grand plaisir à se surprendre les uns les autres. Et ce plaisir est communicatif !
Côté paroles, on retrouve la manière qu'avait déjà Mickaël de scander ses textes dans les morceaux d'Angil. Et avec Fabb, c'est bien plus qu'un duo qu'ils nous offrent. Leurs voix sont parfois en harmonie, presque à l'unisson. Mais la plupart du temps, ce n'est pas ça : ils passent de la complémentarité à l'opposition la plus totale. On peut assister à un jeu de questions/réponses entre les deux chanteurs, qui se renvoient la balle avec une dextérité assez renversante ; et au morceau suivant, on assistera à une confrontation qu'il mèneront face à face, se regardant droit dans les yeux.
Côté images, c'est VJ Raize qui est aux manettes. Il diffuse des images de l'Amérique des années 30 pour illustrer l'histoire de John.
Et malgré la courte durée du set, le public a accroché d'emblée. Car le concept et l'audace du projet ont été soutenus par le talent de tous les membres du groupe. La réactivité des spectateurs a semblé galvaniser le groupe qui ne s'attendait visiblement pas à cet accueil. C'est avec beaucoup moins de scrupules que j'ai quitté le 22 après ce premier concert, en fredonnant “Coin-operated” avec un sourire béat sur les lèvres.

Yelle – Samedi 21/04/2007 – Le Palais d'Auron

Yelle
Photo François Mellet

Programmée au milieu de grands noms pour la grande soirée électro de ce 31è Printemps, Yelle fait vraiment figure d'OVNI. Toute pimpante dans son t-shirt “Je veux te voir” – le titre de son single pamphlet où Cuizinier en prend pour son grade – la Bretonne réussit à l'aide de son compère GrandMarnier à mettre en transe la grande salle du Palais d'Auron. Sous ses airs de Lio des années 2000, elle distille ses paroles cinglantes enrobées d'électro-pop ultra acidulée. Elle ne renie d'ailleurs pas cette filiation, puisqu'elle reprend “Amoureux Solitaire” sur scène, dans une version des plus dansantes. Et visiblement, Yelle aime semer la zizanie : avant son dernier morceau, elle lancera dans le public des sifflets, pour que les spectateurs puissent l'accompagner. Sifflets que l'on aura entendu résonner pendant une bonne partie de cette dernière nuit de festival…

Exsonvaldes – Dimanche 22/04/2007 – Scène région Centre

Exsonvaldes
Photo C.R.

Si vous suivez régulièrement les articles parus sur Liability, vous connaissez forcément Exsonvaldes. Les voir régulièrement sur scène, en attendant leur nouvel album qui n'en finit pas d'être en préparation, a quelque chose de rassurant. Rien que pour savoir qu'ils sont toujours là. Et pour entendre de nouvelles chansons aussi. En ce beau dimanche de clôture du Printemps de Bourges, ils n'ont pas une place facile. Ils jouent les premiers, à 13h, entre petit dèj' et bureau de vote. Une autre scène qui va voir jouer un peu plus tard les Plastiscines accapare déjà une partie du public venu sur la place Séraucourt.
On devine le groupe un peu désorienté par la cinquantaine de personnes présentes devant la scène, plus occupées à manger leur sandwich qu'à apprécier leur musique. On les sent un peu déstabilisés face à l'absence de réaction devant les riffs électriques qui viennent ponctuer leur musique plutôt pop à la base. On sent que cette fille qui leur hurle de quitter la scène parce qu'elle attend son groupe fétiche les dérange quand même un peu… Ce n'est pas lors de ce concert que Simon prendra de l'assurance en racontant ses petites histoires entre les morceaux…
Mais cela n'empêche pas les quatre Parisiens de nous servir une prestation impecable ! On retrouve avec plaisir leurs singles précédents, “Going away” ou “Everything I see”. On découvre avec bonheur de nouveaux titres comme ce “Lali” (“dédié à quelqu'un que l'on aime beaucoup”) plus dansant que les autres. On aime ce clin d'œil à leurs collègues belges des Girls in Hawaii avec la reprise de “Love is a better way to travel”. On est heureux d'apprendre que le nouvel album est prévu “pour la fin de l'année”, même si ça reste un peu vague. C'est après un set d'une bonne demi-heure qu'ils nous abandonneront, Martin ayant d'ailleurs du mal à quitter la scène… En tout cas, vivement l'album, et vivement qu'il fassent une tournée, que je le voie dans une vraie salle !

Florent Marchet – Dimanche 22/04/2007 – Scène Le Berry / Champion

Florent Marchet
Photo C.R.

Suite de ce “Dimanche de Campagne” à l'autre bout de la place Séraucourt avec le concert de Florent Marchet. Je dois avouer que depuis notre rencontre de l'avant-veille j'attends avec impatience ce moment. Mon côté groupie qui reprend le dessus sans doute… Ils arrivent enfin sur scène, tous vêtus du t-shirt de R.C. Rio Baril (que je me procurerai à la fin du concert... quand je vous dis que je suis une groupie !). Capitaine de l'équipe et n°1 : Florent Marchet, bien sûr ; mais on aura aussi la bonne surprise de voir sur scène Erik Arnaud à la basse ou à la guitare. C'est sans doute à une version raccourcie de l'histoire de Rio Baril qu'on a droit, contraintes de festival obligent, mais c'est avec plaisir qu'on se laisse emporter par la vie de ce gars, qui est loin d'être envieuse. Florent nous rassure : ce n'est pas autobiographique ; “[sa] vie n'est pas aussi glauque que ça, tout de même !” Malgré des problèmes techniques (des retours visiblement très mauvais, quelques larsens assez désagréables…) la magie de la rencontre passe, et le public captivé suit avec attention toute cette histoire. Histoire que l'on devine agrémentée pour l'occasion de quelques détails tout spécialement prévus à l'attention des nombreuses personnes venues du proche Berry dont Florent est originaire. C'est qu'ils en sont fiers de l'enfant prodige du pays ! Et il y a de quoi ! On se surprend à sourire à telles ou telles paroles auxquelles on n'avait pas forcément fait attention jusque-là. On se surprend à fredonner un air qu'on ne pensait pas avoir retenu. On est happé par les petites histoires égrenées entre les morceaux… Et pourtant, on restera sur notre fin, parce qu'au final, on n'aura pas eu la réponse à cette question fondamentale ! Mais que s'est-il donc passé à Rio Baril ?!

A voir également :

http://www.printemps-bourges.com/

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