.:.Compte Rendu de Concert.:.

Pochette

Shannon Wright + Seb Martel

1ère partie :

Le : 20-04-2007

Lieu : Bourges, Auditorium

compte rendu proposé par Claire et publié le 05-05-2007

A chaque entrée de l'Auditorium, un homme en costume blanc et chapeau de feutre noir accueil les spectateurs. Ils distribuent des flyers, guident les gens dans la salle déjà plongée dans la pénombre à l'aide de leur lampe torche. Je regrette soudain d'avoir rangé le flyer dans mon sac sans y avoir jeté un coup d'œil. En effet, les lampes des deux bonshommes convergent vers une mariée gigantesque. Il (car c'est un homme) va ouvrir avec une lenteur inouïe sa valise, et jeter en l'air des "confettis" avec un air de détresse ahurissant. Une mariée donc, mais aussi la fausse victime d'un kidnapping, un représentant en crèmes, une collectionneuse anonyme d'objets rares… Tels sont les personnages qui se croisent et coexistent dans ce prélude chaotique.

Seb Martel et son groupe arrivent sur scène pour faire leur set. Des chansons très jazzy, faisant parfois penser à Arthur H. Notre marié(e) fait partie des musiciens. Le groupe chantera une chanson de Fred Poulet, une de Piers Faccini, une autre de Cyril Atef (le “Bum” de Bumcello). La musique ne m'enchante pas plus que ça ; ce n'est pas vraiment mon style, mais en fait, cela n'a aucune importance. Parce que ce concert est bien plus qu'un concert. C'est un véritable spectacle musical, alliant musique, danse et théâtre. Nous ne parlons pas de comédie musicale, attention ! C'est le groupe de Seb Martel qui occupe la plus grande partie de la scène. Mais nos personnages reviendront à plusieurs reprises au cours de ce spectacle. Une danseuse traversera la scène avec une grâce hors du commun ; un Elvis de pacotille fera un show assez pathétique dans un coin ; une maîtresse-femme vêtue de cuir et encagoulée viendra accompagner le groupe à l'accordéon ; notre représentant traversera la scène à plusieurs reprise sur sa patinette… C'est sur le grand écran de fond de scène qu'on verra notre petit groupe déambuler en direct dans les couloirs de l'auditorium pendant l'ultime chanson. On suivra chacun avant qu'il n'arrive dans la salle, traverse la scène, et ne s'en aille finalement vers son destin… Alors, qu'on apprécie ou pas la musique de Seb Martel, là n'est pas vraiment la question. Il est indéniable qu'en cette fin d'après-midi, c'est un spectacle de grande qualité et d'une créativité énorme qu'ils nous ont présenté. Vérifions maintenant sur le flyer : le spectacle s'appelle “Motel Martel” et a été écrit et mis en scène par Camille Guille. Un nom à retenir.

Après une petite pause pour nous remettre de nos émotions, et c'est au tour de Shannon Wright d'investir la scène de l'Auditorium. Le contraste est énorme entre son attitude (elle fera tous les premiers morceaux assise à son piano, cachée par sa mèche de cheveux, tournant dos à ses musiciens et sans un regard vers le public) et la force qui se dégage de ses morceaux et de son chant. Même quand elle quitte son piano pour prendre sa guitare et s'attaquer à des morceaux beaucoup plus électriques, elle ne se montre pas plus avenante. A peine un “Thank you” venant ponctuer de temps à autre une fin de chanson. Ca en devient presque gênant pour les spectateurs. Mais essayons de passer outre, et laissons-nous porter par la musique. Le set est beaucoup plus électrique que ce que j'aurais pu imaginer. Une hargne rageuse perce de tous ces morceaux où elle est à la guitare. Une force sereine reprend le dessus quand elle rejoint son piano. Mais dans tous les cas, c'est de l'émotion brute que dame Shannon nous envoie. Si elle ne souhaite pas parler, finalement ce n'est pas si grave : elle exprime tellement bien tout ce qu'elle a à nous dire au travers de sa musique !

C'est donc un peu déboussolés mais heureux qu'on se retrouve en fin de concert sur les rives de l'Auron, dans la tiédeur d'un début de soirée où le soleil n'en finit pas de se coucher. Des moments comme ça, on en redemande encore et encore !

A voir également :

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