.:.Compte Rendu de Concert.:.

Pochette

Peter Bjorn and John + Just Jack

1ère partie : The Automatic + Pravda + Nadj + Nelson

Le : 17-04-2007

Lieu : Bourges, le 22

compte rendu proposé par Claire et publié le 05-05-2007

Même si le véritable concert d'ouverture de cette 31ème édition du Printemps de Bourges était celui où Nosfell et Gotan Project se partageaient la scène du Palais d'Auron, et qui avait commencé une bonne heure plus tôt, pour la plupart des gens s'amassant devant les grilles encore fermées du 22, c'est le premier concert du festival. Et l'excitation des moments à venir transpire de cette foule qui se montre de plus en plus fébrile. Quand les grilles s'ouvrent enfin, c'est un flot déjà dans l'attente qui passe le contrôle des billets et celui des sacs, qui prend possession des lieux et se dirige qui vers le bar, qui vers la scène où jouera son groupe fétiche.

C'est donc à Nelson d'ouvrir le bal de cette soirée électro-rock au 22 Ouest. C'est aussi à eux que revient la tâche d'annoncer l'annulation du concert de Stuck in the Sound initialement prévu pour cette même soirée, pour une raison des plus surréalistes : Ils sont bloqués à New York à cause de la neige ! C'est branchés sur piles mais quelque peu intimidés que les quatre Parisiens nous proposent leurs premiers morceaux. Au fur et à mesure que leur set avance, ils prennent leurs marques ; ils prennent confiance en ce public en effervescence qui ne demande qu'à accrocher à cette musique pleine d'énergie. Et l'alchimie se réalise. Paradoxalement, le groupe en paraîtra plus apaisé dans sa manière de communiquer avec le public, gardant son énergie débordante pour l'interprétation de ses morceaux. Les instruments changent de main entre chaque morceau, les quatre gars en noir donnent tout ce qu'ils ont pour le plus grand plaisir de tous. Et c'est avec un salut théâtral sur le devant de la scène qu'ils feront un faux départ, avant de revenir pour un ultime morceau sous les acclamations du public.

Nelson
Photo Cristelle Frisch

On enchaîne à l'Est avec Pravda qui vient présenter son nouvel album A l'Ouest et qui comme toujours fera monter la température de quelques degrés ! Sue, à la plastique irréprochable, et son compère Mac enflamment littéralement la salle. Autant par leurs titres aux paroles acérées cachées sous des riffs rageurs, que par l'attitude de Sue. Son slam dans le public n'aura pas laissé grande chance au gaffer entourant sa poitrine de rester en place ! Quelques reprises dans le set (“I wanna be your dog” d'Iggy Pop ; “Enter Sandman” de Metallica), mais ce sont bel et bien leurs compositions qui finissent de conquérir le public, déjà complètement électrisé au moment où leur single “Tu es à l'ouest” vient clore leur set.

Pravda
Photo François Mellet

Retour à l'Ouest, où il ne faut pas compter sur Nadj pour calmer le jeu. Le trio guitare / basse / batterie nous propose un rock survolté. Qui a prétendu que le rock ne pouvait pas se chanter en français ? Nadj est là pour nous prouver le contraire. Avec une voix proche de celle de P. J. Harvey, elle nous assène des paroles rageuses et pourtant personnelles qui déroutent quelque peu le public au début de leur set. Avec sa blondeur faussement fragile, elle saura finalement entraîner tout ce beau monde à sa suite dans un moment d'électricité pure.

Nadj
Photo Cristelle Frisch

On passe à tout autre chose à l'Est, puisque c'est maintenant au tour de Just Jack de monter sur scène. Juste Jack ? Pas vraiment, puisqu'il s'est entouré de tout un groupe et s'est adjoint une charmante choriste, dans la lignée de celles qu'on pouvait voir avec les chanteurs soul des années 50. C'est dans un français approximatif qu'il nous présente un titre en exclusivité : “Gothic in a disco” : vous savez, “gothic : visage blanc, vêtement noirs…” Une bonne partie des personnes présentes est visiblement venue pour eux. C'est donc sans aucun mal qu'ils entraînent le public à danser, à se déhancher, à sauter sur cette musique mélange de funk, de soul, de rap et de pop… un mélange détonnant qui remporte sans mal l'unanimité. Jack le blondinet est toujours en train de sourire d'un air mutin, tout content qu'il est de cet accueil. C'est après un set de 50 minutes, en terminant par son tube “Starz in her Eyes”, que Just Jack abandonnera son public, un peu dépité que ce moment de fête soit déjà terminé !

Just Jack
Photo François Mellet

Du coup, pour se remettre de ces émotions, on choisit d'aller se rafraîchir au bar, et on n'écoute que très distraitement The Automatic, au rock des plus rageurs, sans doute un peu trop…

On préfère attendre au 22 Est le dernier concert de la soirée, assuré par Peter Bjorn and John. Les trois Suédois, dont j'attendais un concert assez pop nous présentent un set très rock qui ravira ceux qui auront eu le courage de rester jusqu'à la fin. Il ne fallait pas se fier à leurs tenues de scène, à leurs costumes très sages. C'est un moment très dansant que le groupe nous offre. Peter Morén, quand il n'est pas encombré d'un gars de la régie venant sans arrêt lui remettre en place la lanière de sa guitare ou son harmonica, est monté sur ressorts et exécute des sauts prodigieux sur scène, entraînant à sa suite tous ceux qui veulent profiter au maximum de cette fin de soirée.

Peter Bjorn and John
Photo Frédéric Loridant

Quand la lumière revient dans la salle, c'est un peua abasourdis, mais enchantés de cette première soirée que les gens se regardent, et décident à regret de gagner la sortie…

A voir également :

http://www.printemps-bourges.com/

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