.:.Compte Rendu de Concert.:.

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Festival IDEAL

1ère partie :

Le : 08-04-2006

Lieu : Nantes, Le Lieu Unique

compte rendu proposé par Fabien et publié le 29-05-2006

La première soirée d'IDEAL avait été pleine de promesses et celles-ci ont été remplies sans trop de mal. Pour cette soirée le programme est, sur le papier, tout aussi attrayant que la veille. Ce qui ne veut pas dire que cela conviendra à tout le monde. D'ailleurs vous avez toujours des gens qui viennent chaque année pour vous dire que le spectacle proposé est nul à vomir. En attendant ils sont là et vous vous farcissez leur dégoût pour une musique qu'ils n'écoutent de toute façon pas. Heureusement ce n'est qu'une infime minorité et la plupart du public espère à l'évidence passer le plus de bon temps possible même s'ils n'ont aucune idée de qui ils voient sur scène.

Ainsi les premiers à passer ce soir-là, The Chaddom-Blechbourne Experience, n'est pas à proprement parler connu du grand public. Composé du vétéran Eugene Chadbourne dont on ne compte plus les disques et de l'Américaine Kevin Blechdom(ex Blectum From Blechdom), ce duo est la parfaite expression de l'anti-héros rock'n'rollesque. Pourtant les deux comparses étonneront l'assistance grâce à un set impeccable. Démarrant sur une parodie de Délivrance (il faut dire que je n'ai aucun mérite à avoir trouvé cette référence puisqu'elle m'a été soufflée juste après le concert par le très aimable Lionel Delamotte du très classe Chronic'art) Blechdom et Chadbourne, armés de deux banjos et affublés de constumes qui sentent bon l'Amérique profonde, déclament des délires country avec un bonheur indéniable et communicatif. Le temps paraît alors trop court et on aurait aimé un set un peu plus long. Cependant il y a des impératifs et il faut bien laisser la place à Gonzales.

Un Gonzales que l'on avait connu dans ses pérégrinations électroniques qui avaient su conquérir un public de fidèles. Ici il est accompagné de Mocky à la batterie et tente de faire oublier son passé synthétique en se mettant dans la peau d'un Wim Mertens déluré. Son Solo Piano (No Format - 2004) avait ainsi posé les bases du renouveau du bonhomme. Apparaissant drapé d'une blouse blanche et chaussé de charentaises (il ne manque plus que le bol de lait...) Gonzales sera fidèle à lui-même. Pouvant être aussi émouvant que cassant ou enjoué, il réussira à mettre sans trop de mal le public dans sa poche. Il faut dire que le set est léché et que Gonzales sait bien communiquer avec son assistance. Tout le monde, du moins le croyais-je, est sous le charme. Moi même je dois dire que je ne fus pas insensible à la chose. Retrouvant l'ami Delamotte j'allais lui faire part de mon enthousiasme. Celui-ci brise mon élan en me lançant :" Ouais, c'est du piano-bar quoi. Et puis, bon, son humour, pfff...". Evidemment ça calme et je décide, plein de courage, de ne pas aller plus avant me risquant juste dans un faible "j'ai plutôt bien aimé". On ne va tout de même pas se fâcher sur une histoire d'impression.

De toute façon on n'a pas trop le temps de s'éterniser puisque vient le tour d'Alexander Hacke, bassiste d'Einstürzende Neubauten qu'on avait pu voir ici même l'année dernière, de se présenter sur la scène du Grand Atelier. L'énergumène vient présenter son dernier disque Sanctuary. Comme on pouvait s'en douter on assiste là à du lourd, de l'épais, auquel vient s'ajouter la présence impréssionante de Hacke. Le groupe qui l'accompagne paraît bien en retrait par rapport à son leader. Peu importe, il faut être honnête, seul Hacke pouvait bien nous intéresser. Si le set n'est pas dénué d'intérêt, le mélange de guitares lourdes et d'électronique massif s'essouffle assez vite. Même si Hacke essaye de faire copain-copain en nous lançant que Nantes avait bien de la chance d'avoir un festival comme celui-ci, on ne pourra que rester un peu sur sa faim après sa performance.

Le concert suivant est plein d'appréhension pour moi autant qu'il est porteur d'espoirs. Neue Weltumfassende Resistance est la combinaison de Marc Hurtado (Etant Donnés, Sol Ixent) et de Gabi Delgado (DAF). Rien que pour Gabi Delgado, le concert valait le coup. Loin de moi de rabaisser Marc Hurtado au rang de sous-fifre mais l'ayant vu assez régulièrement ces dernières années je savais à quoi m'attendre. Gabi Delgado, lui, c'est l'inconnu et cela fait quinze ans que j'attends ça. "Hurtado et Delgado luttent pour la liberté" nous dit-on dans la brochure. Effectivement ce sera le leitmotiv que les deux hommes ne cesseront de clamer tout au long du set. Sur une techno dafienne survitaminée, les deux hommes s'échangent leurs propres compos et viennent, tout en pose hargneuse, crier un mélange d'amour-haine, ce sentiment de lutte permanente qui reste le fil rouge du duo. Il y a de la tension mais en même temps il y a une espèce de communion avec le public. Une sorte d'amour brutal et passionnel. Quoiqu'il en soit, on ressort exténué de l'expérience, assez satisfait d'avoir pu réentendre des anciens titres de DAF et rassasié à l'idée d'avoir assisté au concert le plus jouissif de la soirée.

Pour rester dans la lignée de DAF, survient Daniel Holc aka Ascii Disko véritable fan du combo allemand des 80's. Holc a la lourde tâche de clôturer la soirée. Celle-ci s'avérera moins ardue que prévu puisque le public, comme la veille, ne demande qu'une musique exutoire, une bonne électro puissante qui est faite pour réveiller les sens. Pour ma part, ce genre d'effort me lasse assez vite et je décide sagement de me réserver pour le dernier tournant du festival qui a lieu le lendemain après-midi.

Comme la veille, il était possible d'aller voir la programmation parallèle qui avait pris résidence au premier étage. Entre l'électro minimaliste et répétitive des Nantais de King Prestige (dont font partie les deux membres de La Kuizine), les fous furieux de zZz et le très électro-latino Dick El Demasiado il y avait de quoi ne pas perdre son temps. Seul point noir les deux Australiennes de Kunt qui nous ont délivré un électro-punk-riot grrrrl un peu pénible et vite lassant.

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