.:.Compte Rendu de Concert.:.

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Hyperclean

1ère partie :

Le : 08-06-2005

Lieu : Paris, Théâtre Méry

compte rendu proposé par Claire et publié le 29-06-2005

Depuis quelque temps déjà, je voyais le Théâtre Méry dans les lieux de concerts pop ou rock. Pour la première fois, ce soir-là, j’ai eu l’occasion d’aller dans cette salle de la Place Clichy à Paris. Un théâtre un peu cheap, avec certes ses fauteuils en velours rouge, mais dont la scène pourrait très bien accueillir un spectacle de fin d’année. Qu’à cela ne tienne, l’accueil est sympa, le bar (que l’on découvre au bout d’un labyrinthe de couloirs) n’est vraiment pas cher, et si la salle est annoncée ‘non fumeur’, on a le droit d’y emmener nos cannettes. Autant de bons points pour le lieu.

Mais comment me suis-je retrouvée là pour y entendre Hyperclean, un groupe que je ne connaissais pas encore la veille ? C’est en voyant passer un mail, annonçant la sortie de leur album que j’ai commencé à m’intéresser à eux. Le mail parlait d’univers déjanté, de galeries de personnages décalés… En chroniqueuse intéressée, j’écoute les quelques titres présents sur leur site, qui me plaisent bien, et j’envoie un petit mail au groupe, qui me répond gentiment en me proposant de me faire une idée plus précise de leur musique en venant les écouter au concert qu’ils donnent le lendemain, justement. Et me voilà.

Et les voilà. Une bafouille de présentation très drôle. Le chanteur semble super actif ; il en bafouille pas mal. Mais une subtilité incroyable. Et le premier morceau. Vu que je ne connaissais pas le groupe, je ne vous dirai pas les titres, mais j’avoue que j’ai eu un peu peur. Un rock assez rond, à la Vérone ou comme du mauvais Kaolin. Je ne pensais pas entendre ça, et j’angoisse un peu pour la suite. Mais dès le deuxième titre, me voilà rassurée. Leur style est unique. Le son général est plus brut que ce que le premier morceau pouvait faire croire. D’une chanson à l’autre, le style change, mais la musique d’Hyperclean est pleine de personnalité. On passe sans état d’âme du rock le plus délirant à la chanson romantique. Le thème annoncé de la soirée est d’ailleurs l’amour.

Des airs délicieusement désuets ; des paroles délicatement décalées. Au début, on n’y fait pas forcément attention, mais tout d’un coup, on relève la tête, on se concentre, et on rit aux éclats (“mais que veut-il faire à sa secrétaire sur un air de Nirvana ???”). Je commence à comprendre ceux avec qui j’ai discuté avant le concert et qui en sont fans. On est surpris à chaque détour de morceau ; on rit aux éclats à un délire inattendu… Et malgré une sono assez moyenne, on se laisse entraîner par ce rock chantant, on secoue la tête sur ces rythmes entêtants. Tout au long du concert, on se laisse envahir par une délicieuse décadence. Une brève chanson (sur)réaliste, dont je n’ose pas rapporter les paroles ici, m’a valu, entre deux éclats de rire, un “n’importe quoi” qui a fait se retourner tous mes voisins. Mais en me voyant essuyer mes larmes de rire, ils ont bien compris que cela n’avait rien d’insultant. Bien au contraire.

Au cours de ce concert déjanté se sont croisés, au fil des textes et des présentations, une grand-mère, Philip K. Dick, les nazis, une licorne, des mondes parallèles… Ces garçons ont déjà fait la première partie de Brigitte Fontaine, et finalement, ça ne m’étonne pas. Je chroniquerai sans doute leur album, mais je pense sincèrement que c’est sur scène qu’il faut découvrir les cinq garçons d’Hyperclean. Oui, le rock français a encore des choses à prouver !

A voir également :

http://www.hyperclean.net

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