.:.Compte Rendu de Concert.:.

Pochette

Interpol

1ère partie : Spoon

Le : 20-04-2005

Lieu : Rezé, La Trocardière

compte rendu proposé par Fabien et publié le 15-05-2005

Quand j’ai dit à un ami que j’allais voir Interpol en concert la première chose qu’il a trouvé à dire c’est « Tu vas leur tailler un costard ? ». Pourquoi ? Parce qu’Interpol en est rendu à un niveau de popularité tel qu’ils commencent à agacer ? Parce qu’ils sont surestimés ? Leur premier album, même s’il n’était qu’un avatar de Joy Division, était d’une solidité sans failles et plaçait la barre assez haute. Le second est un peu décevant, rendant un service minimum avec des titres réellement efficaces et d’autres plus anecdotiques. Un ami, fan de la première heure, m’avait décidé à aller les voir m’ayant convaincu, par son enthousiasme, de la qualité du groupe sur scène. On devrait se méfier de l’avis des fans.

A l’arrivée je rejoins mon frère qui, lui aussi, était assez curieux de voir ce qu’Interpol peut donner en live. Devant l’entrée de La Trocadière on ne peut s’empêcher de sourire en voyant les inévitables fashions victimes qui n’ont pu s’empêcher de se fringuer comme les membres d’Interpol. Ca se prend au sérieux, on se regarde de haut, on a un peu la grosse tête. Bref, il y a de quoi ricaner. A l’intérieur l’attente est plutôt bon enfant. Aucune nervosité. C’est Interpol qui passe ? Oui et alors ? La majorité des spectateurs semblent se foutre de la notoriété des américains. Ils ont raison, ce n’est tout de même pas le concert du siècle.

Spoon arrive sans qu’on ait eu le la sensation de trouver le temps long. Le public, un peu trop poli, ne trouve rien à redire a ces américains qui nous proposent un re-suçage des Bluetones, groupe qui, déjà, ne se démarquait guère par son originalité. Spoon fait honnêtement son set, sans trop y croire mais de manière professionnelle. Malgré tout on s’ennuie assez vite et le groupe n’arrive pas à se rendre passionnant. Finalement on n’attends qu’une chose : passer à autre chose.

Lorsque Spoon en finit beaucoup s’empresse d’aller au bar. On se demande bien pourquoi. La bière y est très passable. Sur ceux qui restent on arrive à entendre des « Oh ben c’était pas mal ». Décidément ce public est bien gentil.

On s’impatiente finalement. Interpol se fait attendre et on commence à trouver le temps long. Le groupe finit par se présenter sans trop de chichis en commençant par les titres phares de Turn On The Bright Lights. Paul Banks est impassible avec sa tronche de bébé cadum et débite au millimètre près les succès du groupe. Il trouvera tout de même le temps de prendre quelques poses bien senties et servies admirablement par un jeu de lumière impeccable. A sa droite Samuel Foragino se démène comme un beau diable avec sa guitare mais il faut absolument qu’il arrête les backing vocals. C’est urgent. A gauche Carlos a le cul entre deux chaises, ne se lâchant jamais totalement. Quant à Daniel Kessler il fait son taf avec talent, juste ce qu’il faut de hargne et de volonté. Rien à dire. Pourtant la formule semble marcher. On se satisfait de peu mais force est de constater qu’il existe une forme d’aura particulière autour d’Interpol. Cette aura ne brillera pas longtemps puisque des problèmes de guitare pour Paul Banks viennent gâcher un concert qui montait progressivement en puissance. Le preneur de son tentera tant bien que mal de réparer cet imprévu. Du coup cela jette un froid dans un public qui avait déjà un peu de mal à s’extérioriser. Le groupe préférera ne pas trop tenter le diable en écourtant le concert et en ne proposant qu’un seul rappel. Les soucis techniques étant manifestement trop gênant pour le petit Paul et ses camarades. On restera sur notre faim. Paul Banks viendra quelques temps après parler avec son public. Bon prince. Il regretta de manière assez fataliste les impairs de sa guitare ce qui, selon lui, empêcha le groupe de se livrer totalement. On veut bien le croire. Pour être gentil…

?>