.:.Compte Rendu de Concert.:.

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Festival I.D.E.A.L

1ère partie :

Le : 09-04-2005

Lieu : Nantes, Le Lieu Unique

compte rendu proposé par Fabien et publié le 03-05-2005

La deuxième et dernière soirée du festival s’annonçait comme plus homogène que celle de la veille. En tout cas c’était celle qui était la plus attendue. Rien que pour Einstürzende Neubauten beaucoup furent ceux qui firent le déplacement. Pourtant si cette soirée n’avait tenue que sur ce seul nom je n’aurai certainement pas fait l’effort de me presser pour être à peu près à l’heure pour le début de la soirée. Et évidemment, à l’heure, je ne le fus pas. C’est avec un quart d’heure de retard que je pris en court le concert du Balanescu Quartet. Il n’y avait sans doute rien à regretter, paraît-il, puisque le début du concert a été quelque peu gâché par une prise de son médiocre. A mon arrivée ce petit défaut semblait s’être réglé et le quartet pouvait dérouler un spectacle parfaitement calibré contemplé par un public conquis. Le Balanescu Quartet déroule avec maestria leur musique néo-contemporaine sans que les petites imperfections sonores aient eu à choquer qui que ce soit. C’est limpide, net et sans bavure. Impeccables comme à leur habitude les anglo-roumains, accompagnés pour l’occasion du percussionniste Steve Argüelles, nous ont gratifiés d’un tout d’horizon de leurs capacités que l’on sait énormes. Un concert lumineux dont le rappel finira de mettre sur orbite le public. D’ailleurs, ce rappel, à croire que tout le monde l’attendait. Dès que le quartet entama les premières notes de The Model du groupe Kraftwerk, une clameur surgit de la foule. Le morceau est acclamé comme il se doit et le groupe peut laisser sa place en partant satisfait du devoir accompli.

Le concert suivant était à prendre avec des pincettes. Sachant que The Dead Sexy Inc était un projet initié par Emmanuel Hubaut et Stéphane Hervé il y avait de quoi y aller en traînant des pieds. Enfin surtout pour E.Hubaut. Ce dernier rescapé des Tétines Noires et auteur de disques très moyens avec LTNO ne m’avait jamais trop convaincu. La grandiloquence de ses projets étaient souvent entachés d’une sorte de fausseté qui pouvait laisser place au malaise. Bien que les deux hommes se soient entourés d’un personnel musical plus qu’appréciable (Don Ragno, Nicolas Repac, Jean Dindinaud, Paul Kendall), ils ne purent s’empêcher de retomber dans leurs travers en réalisant un set où les postures crâneuses succédèrent à des choix musicaux plus que discutables. Illustré par un road-movie sur l’Amérique profonde sur fond de duel Bush/Kerry, ce concert n’a pu éviter les clichés et les facilités. L’électro-glam-rock de The Dead Sexy Inc ne restera sans doute pas dans les mémoires. Leur trop grand maniérisme a rendu le show quasi caricatural. C’est dommage mais en même temps ce n’est pas si surprenant que cela.

Cette épreuve passée on pouvait se reposer les méninges grâce à la performance de KREV (The Kingdoms Of Elgaland-Vargaland) représenté par Leif Elggren, Carl Michael Von Hausswolff, John Duncan et Edvard Graham Lewis (Wire). Chacun, à tour de rôle, se prêtera à une ré-interprétation d’une marche suédoise du XVIIIè siècle. A la fois ambiant, martial, répétitif ou voire carrément brutal les quatre hommes ont donné un show aussi oppressant qu’inquiétant. Cela n’a pourtant empêché certains de se laisser transporter par ce latpop à la limite du fascinant qui explore les fondements d’une musique totale. Même si le set n’était pas spécialement spectaculaire visuellement, tout se jouait sur l’intensité que donnait chacun des intervenants à leur adaptation. Le pari fut réussit.

Avant que Einstürzende Neubauten ne s’installe il était encore temps de se rendre aux sous-sols pour voir ce que donnait The Art Of Pingpongcountry. Comme tous les ans le sous-sol se transforme en dancefloor et cette année c’est au son d’une country synthétique et autour de table de ping-pong que les festivaliers ont pu se rafraîchir le cerveau. Le concept, soit dit en passant, amuse cinq minutes, seul le décorum, que l’on retrouve dans la salle de concert (cabanes et ambiance campagnardes), garde de la pertinence. Passé ces cinq minutes je me dis que ce serait bien que je sois devant pour Einstürzende Neubaten. C’est donc sans regrets que je remonte à l’étage supérieur.

Je me dis que j’ai bien fait de me placer rapidement car le public s’est vite agglutiné autour de la scène. Je me retrouve encerclé par des néo-goth et autres crobards du genre, quelques types éméchés et toute la brochette de fans à la patience limité. Du coup je loupe l’attentat prophétisé la veille par le président Salengro. Tant pis. Au cas où vous voudriez savoir ce qui s’est passé allez voir là : http://www.chronicart.com/mag/mag_article.php3?id=1281 . Einstürzende Neubauten finit par arriver sur scène sous les vivas de la foule. Moi même je ne peux m’empêcher de jubiler. Rien que la présence de Blixa Bargeld assure le spectacle. Impeccable dans son complet et nu pieds il commencera pas un coup de sang à cause d’un micro récalcitrant. Et croyez bien qu’un Blixa Bargeld en colère ça vaut le détour. Alexander Hacke, lui saura s’en amuser alors que les autres membres resteront impassibles devant les caprices de leur leader. Comme si c’était une habitude. Quoiqu’il en soit les allemands sauront nous donner un set habité et tout en puissance. Jouant dans le cadre de leur 25ème anniversaire, le groupe reviendra sur certains de leurs vieux morceaux et joueront même un titre qu’ils n’avaient jamais fait sur scène. Le public apprécie, en redemande, manque de tomber à genoux. Blixa Bargeld regrettera de jouer aussi peu de temps et de passer à une heure aussi tardive. Il faut dire que le groupe s’est embarqué dans une tournée marathon qui devait les emmener le lendemain à Barcelone. Le concert le plus attendu du festival fut donc le plus réussit, remportant l’adhésion de tous. Le groupe reviendra pour un unique rappel (ce qui n’est déjà pas si mal) et partira visiblement content de l’accueil d’un public qui est à peine rassasié.

Trop fatigué, je décide de rentrer, manquant ainsi Reverend Beat-Man et Cristopher Just. Selon les échos le concert de Reverend Beat-Man valait que l’on s’y attarde alors que le set DJ de Christopher Just était une manière efficace et festive de boucler le festival. Je survivrai.

Photo : Karim Gabou.

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