.:.Compte Rendu de Concert.:.

Pochette

Nelson

1ère partie :

Le : 24-03-2005

Lieu : Paris, La Scène Bastille

compte rendu proposé par Ben Thornill et publié le 29-03-2005

Serait-ce venu le temps de la révolution rock parisienne ? Voilà une étrange question qui résonnait dans ma tête à la sortie du concert de Nelson à la scène Bastille. Il y a en effet de quoi rester scotché par l’intensité de la prestation délivrée par la jeune formation parisienne (leur premier concert remonte à fin 2004 seulement) pour sa première expérience dans une salle de cette envergure. “Rise And Fall“ mettait tout de suite les pendules à l’heure : basse languissante, guitares acérées mais avant tout une batterie implacable tenue par Thomas. Elle porte la chanson à elle toute seule enchaînant pulsions tribales pour soutenir le chant évaporé du couplet avant de frapper telle une sentence autour du riff du refrain. Pour la suite, les 3 autres Nelson intervertissent les instruments entre guitare basse et claviers, pareil pour le micro. Sur “There Is No Escape“, Jean-Baptiste en hérite, dénudé de tout instrument pour pouvoir se consacrer à la déclamation possédée des paroles. La tension demeurant l’ambiance la plus tolérable pour la musique de Nelson, c’est un crescendo désespéré qui vient contraindre les paroles à conclure avec véhémence que ; « A Change Is Gonna Come ». Les morceaux continuent de s’enchaîner toujours teintés d’une sensible révérence au post punk le plus frénétique (pensez à The Fall ou plus récemment, The Rapture). Tout est impeccablement balancé, sans démonstration abusive. Nelson ne fait pas preuve de maîtrise de son sujet, ici tout se joue dans la recherche et c’est là que le groupe est passionnant et captivant. Le concert s’achève en apothéose par “Dämmerung“ et son intense suite éthérée dominée par l’usage de l’E-Bow sous influence Sonic Youth – My Bloody Valentine, on la rêve dans la BO d’un film de Sofia Coppola... Alors oui Nelson est encore un jeune groupe, mais parvenir à une telle performance avec si peu d’expérience reste très impressionnant. Pas étonnant que Nelson ait été retenu pour le festival “Rock & Folk“ au Gibus en mai prochain.

photo : Samuel Kirszenbaum

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