.:.Compte Rendu de Concert.:.

Pochette

Doherty, Peter

1ère partie :

Le : 06-09-2003

Lieu : Londres, The Hope & The Anchor, Upper Street

compte rendu proposé par Emilie et publié le 03-01-2004

…dans une ruelle sombre du nord de Londres, à la Dickens…euh ça aurait pu être ça….mais non, il s’agissait d’une banale avenue grise et commerçante (Upper Street). Dans un pub, un vrai, Peter Doherty a sûrement donné l’un de ses plus émouvant concert, puisque le dernier avant que le verdict ne tombe…6 mois de prison ferme pour avoir cambriolé l’appartement de son alter ego Carl Bârat (aujourd’hui retrouvé).Nous voilà donc-2 Bordelaises –entrant au Hope & Anchor, pleine d’appréhension à l’idée que notre « idole » ne soit pas là. Parce que l’ami Bilo est un mystérieux personnage qui ne convient pas les choses… Rempli d’une faune affublé de friperies, les yeux vitreux et maniant l’art de fumer une clope comme personne, le décor est planté. Nous nous posons au bar, impatientes, épiant le moindre mouvement de foule…l’heure passe…le voilà enfin, décontracté, déjà assailli par les premiers fans qui lui réclame un autographe. Gentiment il s’exécute et passe au milieu de son futur public. Il nous faudra encore attendre et attendre devant plusieurs groupes de « nouveau rock brit », sympa, sans plus.

Le nom de Pete est alors scandé pendant 5 interminables minutes…70 tout au plus, nous avons le sentiment d’être privilégiées quand l’humble guitariste/songwriter entre en scène. Il faut préciser que l’espace réservé à l’hôte n’est pas plus grand qu’un cagibi, au sous-sol de l’Hope & Anchor. On a l’impression d’accueillir un ami, un frère même. Au cours du set (si rapide, à peine 35 minutes), c’est même un « gourou » entouré de ses disciples qui joue. Le public restreint donc entoure le chanteur (et donc envahi la scène exigue). Il commence par la chanson de son frère de route, « I get along » et là c’est surréaliste tout le monde est en transe, chante, danse, se bouscule. « We love Pete » est le leitmotiv de la soirée, car il faut savoir qu’à Londres le leader ou plutôt le poumon des Libertines fait l’objet d’un véritable culte auquel une poignée de fans sont dévoués. C’est chose confirmée. Le set se poursuit par un medley des titres de « up the bracket » et des Babyshambles sessions qu’il a en parti enregistré seul. S’enchaînent alors « The man who would be king » (magnifique), « What Katie did ?”, ou encore « Time for heroes »(intense). Avec son désormais unique compagnon de fortune, une guitare sèche, il réussit, sans trop d’effort à créer une atmosphère magique et par là même indescriptible, parce qu’un tel concert ne se raconte pas, mais se vit. Il faut noter le sourire qu’affiche Peter ce soir, presque timide, gêné et puis ce regard si lointain. Comprends-il qu’il est, aux yeux de ses transis admirateurs, le nouveau poète romantique d’un rock que seul lui sait faire?

Jouant presque à la demande, il est, à présent rejoint par un inconnu à la batterie (après avoir lui-même frapper quelques coups rageurs dessus) ce qui dynamise encore davantage sa musique (« Death in the stairs », «Up the bracket ») et fait littéralement exploser la foule délirante, hystérique. Il y a si peu de monde pour apprécier ce moment d’anthologie (c’est la fan qui parle!) et en même temps, on a l’impression qu’une marrée noire pogote! Ce soir du 6 Septembre 2003, le secret avait été trop bien gardé mais ceux qui on eu la chance de le partager n’en sont que plus récompensé. Et, nous, nous y étions presque par un hasard…heureux. L’attente fût longue et l’instant trop court mais qu’importe devant tant d’intensité.

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