.:.Chronique.:.

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Year of the Rabbit

s/t

[Elektra::2003]

|01 Rabbit hole|02 Lie down|03 Last defense|04 Strange eyes|05 Absent stars|06 Vaporize|07 Let it go|08 Hunted|09 River|10 Hold me up|11 Say goodbye|

Year of the Rabbit est le nouveau groupe de Ken Andrew. Ce nom ne vous dit peut-être rien, mais ce type n’est autre que l’ancien leader de Failure, un groupe d’indie rock qui sévissait au début des années 90 et qu’on foutait dans le panier grunge/punk rock. Dans le cœur de nombreux fans, Failure dépassait largement Nirvana en terme de qualité et le non-succés de ce groupe a suscité bien des jalousies. Bref, Ken Andrew est de retour en 2003, après son experience dans On que tout le monde a vite fait d’oublier.

Year of the Rabbit est donc un quatuor qui fait du rock, avec ce fameux Ken Andrew, équipé d’un micro et d’une guitare comme à son habitude. Disons le tout de suite, ce disque décevra les amateurs de rock brut. Première chose marquante : la production hyper propre, un son peut-être trop soigné d'ailleurs, le manque de rugosité et de saturation se fait souvent ressentir. Year of the Rabbit joue un rock spatial mais étouffant. Les guitares sont à la fois écrasantes et explosives, les compos sont très progressives, avec ces montées en puissance comme sur River ou le refrain de Rabbit Hole. Bref on s’en prend plein les oreilles mais la musique de Year of the Rabbit n’est pas pour autant brutale. Certes le son est lourd et dense, mais les passages plannants sont très fréquents, si bien qu’on a l’impression d’être en lévitation à l’écoute de ces onze titres. Impression renforcée par ce chant aérien qui tranche litteralement avec la voix monotone de Failure. Pourtant le groupe s’autorise quelques légèretés avec de nombreux passages pop-rock, de qualité assez discutable puisque cette production impeccable peut faire penser aux groupes de rock qui tournent en boucle sur MTV comme Puddle of Mudd ou encore The Calling. Vraiment dommage, heureusement ces passages se font plus rare à la fin du disque, mais ils foutent en l’air de superbes titres comme Rabbit Hole, Strange Eyes ou Lie Down (Quelle idée de foutre un passage sautillant dans un titre sombre ?). Bon, ne soyons pas hypocrite non plus, des titres comme Hunted ou River, d’une lourdeur incroyable, sont certainement les meilleures choses composées par monsieur Andrew.

Constat plutôt mitigé donc pour ce premier album de Year of the Rabbit. D’un côté on est charmé par les passages sombres et écrasants, servis par un son éclatant, mais de l’autre côté on est frustré par les éléments pop-rock mélodiques, vraiment pas gâtés par cette production spatiale et très maladroitement intégrés la plupart du temps. En clair le groupe n’est pas doué pour les mélodies et au final on ne retiendra que les titres les plus sombres et les plus plannants, en esperant que le quatuor nous revienne avec un album mieux équilibré.

note : 4.5

par johan, chronique publiée le 05-06-2004

A voir également :

http://www.yearoftherabbit.net/

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