.:.Chronique.:.

Pochette

Eiffel

Les Yeux Fermés

[Labels/EMI::2004]

Exit donc Noir Désir à cause de ce que l’on sait. Que reste t’il derrière ce groupe que l’on a longtemps considéré comme la meilleure et la plus importante formation de rock français ? Qui pour prendre la relève ? Indochine ? Arrêtons de plaisanter voulez-vous ? Kyo ? On avait dit qu’on arrêtait les gros mots. Non, ceux qui s’approchent le plus du groupe bordelais, qui en ont au moins la légitimité ce sont sans doute les membres de Eiffel. Les similitudes sont nombreuses entre les deux groupes : même rage, même engagement, une structure musicale assez similaire etc… Cependant Eiffel semble se faire concurrencer par Luke dont le dernier album, « La Tête En Arrière », fait terriblement penser au groupe de Bertrand Cantat ne serait-ce qu’au niveau de sa production et des textes. Alors qui emportera la palme dans le cœur des kids ?

Aujourd’hui Eiffel sort un double album live témoin de leur performance scénique prouvant, pour ceux qui en douteraient encore, que le groupe est véritablement bâti faire le show. Ainsi « Les Yeux Fermés » se veut encore plus brut que les albums studios, plus électrique, plus énergique. On sentirait presque la transpiration des membres du groupe tant l’effort consentit se veut à la mesure d’un concert rock digne de ce nom. Car Eiffel n’est visiblement pas là pour faire de la figuration ni même pour recracher note pour note les morceaux de leurs albums. Non, Eiffel veut que son public en ait pour son argent. Chacun des titres est réarrangé, parfois rallongé jusqu’à l’overdose (« Te Revoir » dure plus de 12 minutes, « Douce Adolescence » plus de 10 minutes), réinterprétés de manière différente laissant libre cours à la fantaisie des musiciens. Ainsi Eiffel offre plusieurs visages. Sur le premier cd le groupe propose ce qu’il fait à son habitude, ici dans des concerts enregistrés à La Clef de Saint Germain En Laye, La Boule Noire de Paris et La Cigale, c’est à dire des versions d’un rock brut et hargneux, qui ne laisse aucune concessions. Pourtant Eiffel sait se faire plus posé. En tout cas il ne se laisse pas aller au tout électrique. Les concert de L’Air Libre (Rennes) et de la Maroquinerie (Paris) compilés sur le deuxième cd sont là pour le prouver. Eiffel sait se faire, donc, plus acoustique en invitant un sextuor classique offrant ainsi une dimension différente aux compositions du groupes. On leur rendra aussi grâce d’avoir le bon goût de reprendre « Le Plat Pays » de Brel ou les textes de Boris Vian (« Je voudrais Pas Crever » déjà présent sur le premier album studio du groupe). Et cerise sur le ponpon c’est la reprise de « Les Ecorchés » de Noir Désir comme ultime hommage à un groupe dont ils furent finalement assez proches. Cela fait un peu passage de témoin.

Malgré tout cela reste un live avec ses qualités et ses défauts. Cela n’apporte pas grand chose en soit sinon que de confirmer le bien que l’on pensait déjà de ce groupe. Un cadeau pour les fans en somme. Ceci dit on pourrait trouver bien pire comme cadeau.

note : 7

par Fabien, chronique publiée le 01-06-2004

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