.:.Chronique.:.

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Saraswati

[1050 label::2002]

|01 Saraswati|02 Installing|03 Saraswati -live recording-|

Quel étrange disque ! Décidement le Japon ouvre des portes qui mènent sur des univers pas toujours compréhensibles. Cette fois ci on est à la frontière du bruit et du silence pour ce Saraswati, premier EP d’un groupe vraiment étonnant.

Un CD 3" (8cm de diamètre, les autres en font 12), c’est assez rare pour être souligné. Pas d’artwork, seulement un sticker collé sur une petite boîte en plastique qui nous donne quelques informations sur cet OVNI musical. Quatre personnes à l’origine de ce disque, un guitariste, un violoniste, un bassiste et un dernier qui joue du roseau. Du roseau ? Et oui, on entend tout le long de ces trois titres (dont un live) un son étouffé qui sert de base à cette "musique", quelques sons aiguës viennent se greffer là-dessus, le tout sans aucune mélodie, aucune structure, aucune rythmique. Une drôle de mixture très effacée, on pourrait presque parler de silence sonnore ou même pourquoi pas, de bruit synthétique. A la première écoute on peut se demander l’intérêt d’une telle musique mais passé ce stade on a envie de jouer le jeu et de se laisser emporter dans ces trois titres, puis finalement on se dit que ce silence orchestré a peut-être un sens et on se surprend à flotter doucement sur ce son de roseau grave et envoutant. Malgré tout, ça reste tout de même très primitif, on ne fait pas de différence entre les trois titres et écouter du silence peut devenir rapidement lassant.

Une musique volontairement platte et dénuée d’émotion, c’est audacieux mais ce quatuor nippon réussi finalement là où beaucoup de groupes post rock ou electro échouent. A écouter au moins une fois pour se refaire une définition du mot « musique ».

note : 6

par johan, chronique publiée le 15-05-2004

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