.:.Chronique.:.

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Prince

Musicology

[NPG/Columbia::2004]

|01 Musicology|02 Illusion, Coma, Pimp, Circums|03 A Million Days|04 Life'O'The Party|05 Call My Name|06 Cinnamon Girl|07 What Do You Want Me 2 Do|08 The Marrying Kind|09 If Eye Was A Man In Your Life|10 On The Couch|11 Dear Mr. Man|12 Reflection|

Un nouvel album de Prince, Love Symbol, The Artist ou peu importe la dénomination derrière laquelle il se planque, c’est pas le genre de truc qu’on attend avec une impatience démesurée, du moins plus depuis qu'il fait de la musique avec pour seul finalité apparente de satisfaire un ego probablement sans limite. Il a dû s’en rendre compte, aussi est-ce peut-être pourquoi ce nouvel opus s’ouvre-t-il sur un très laidback morceau titre, tandis que plus loin une radio qu’on trifouille crachote le riff d’intro de "Kiss". Peut-être se souvient-il également qu’il fut un temps où il lui suffisait de trois fois rien pour mettre tout le monde sur le cul, public et critiques, avec juste une rythmique, une basse et une ligne de chant ; aussi joue-t-il ici la carte du minimalisme. Sur "Illusion, Coma, Pimp & Circums" il se contente d’assaisonner son r’n’b de quelques notes de synthés en boucle jouant la nique à une bassline de TB303 cinétique et rétro pour un résultat des plus dopants, qui, curieusement, peut faire penser aussi bien aux prods de Timbaland qu’au digifunk moite et lascif de l’album "1999" remis au goût du jour. Ailleurs, la production, plus dense, n’étouffe pour autant pas son matériau : "A Million Days" est une ballade épique comme l’auteur de "Purple Rain" peut nous en pondre à la chaîne sans qu’il nous vienne l’idée de nous en plaindre, "Call My Name" revisite "International Lover" de façon plaisante sinon totalement convaincante, tandis que "Mr Man" garde une oreille côté "Sign‘O’The Times" (toute proportion gardée) avant que "Reflection" n'offre à l'album une conclusion assez abrupte. Mais la vraie perle du disque c’est la délicieuse rengaine "Cinnamon Girl" (rien à voir avec Neil Young), dans le sillage paisley pop tracé par "Rasperry Berret" ou "Boys & Girls". Et puis évidemment il reste cet élément immuable, une voix qui en quelques 26 ans de carrière n’a pas bougé d’un iota, toujours aussi stupéfiante, unique, malléable à volonté.

Vous l’aurez compris, « Musicology », même s’il contient deux ou trois numéros plutôt contagieux, est avant tout une affaire de nostalgie : l’impression de se retrouver projeté quelques vingt ans en arrière, est parfois assez saisissante, et même s'il n'y a là rien de révolutionnaire, loin s’en faut, le fait de tomber sur un disque de Prince écoutable est déjà en soit un fait pour le moins nouveau. Aussi s’il vous manque ne serait qu’un seul des sept chef-d’œuvres publiés entre 80 et 87 vous ne devriez sans doute pas être en train de lire cette chronique. Il serait vain d’attendre d’un artiste qui nous a déjà tant offert des joyaux du niveau de « Sometimes It Snows In April » ou « Ballad Of Dorothy Parker ». Pour les autres, malgré son titre pompeux, ce nouvel album a le mérite d’être frais, accrocheur, et, qualité qui frise le surréalisme de la part de Prince, relativement humble : 12 chansons, 48 minutes et finalement peu de dégraissage nécessaire. En tout cas voilà un come-back en règle, et tout en douceur.

note : 6.5

par romain, chronique publiée le 10-05-2004

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