.:.Chronique.:.

Pochette

A, Dominique

Tout Sera Comme Avant

[Labels::2004]

|01 Tout sera comme avant|02 Elle parle à des gens qui ne sont pas là|03 Pendant que les enfants jouent|04 Dans les hommes|05 Bowling|06 Mira|07 Revenir au monde|08 Le fils d'un enfant|09 Où sont les lions|10 L'inuktitut|11 Le départ des ombres|12 Dobranoc|13 Les clés|14 La retraite à Miami|15 Les éoliennes|

N'allez pas croire Dominique A lorsqu'il annonce que tout sera comme avant. Ce nouvel album serait il une suite à « Auguri », travail de groupe avec John Parish à la production, ou renouerait il des liens avec le bouleversant « Remué », après sa collaboration réussie avec Oslo Telescopic ? Rien de tout ça, le Nantais d'adoption a opté pour le tout orchestré. Bien sur, on pouvait voir quelques signes avant coureur. Par exemple, le dernier Françoiz Breut, « 20 à 30 000 jours », auquel il a activement participé, et sur lequel des arrangement de cordes avait été ajoutés. Ou encore lors de sa dernière collaboration avec Yann Tiersen, sur le titre « Bagatelle ». Pourtant, l'auteur du « Twenty two bar » donne une autre piste : tout comme Miossec, il a été profondément marqué par « L'imprudence » d'Alain Bashung. Ce n'est donc pas un hasard s'il a confié ses chansons à la même équipe qui s'était affairée autour de ce dernier Bashung.

En effet, l'ami des chanteurs a totalement abandonné ses chansons, à l'état de maquettes, aux mains d'autrui, ici le collectif Gekko, avec une totale liberté sur la production. C'est ainsi que de nombreux nouveaux instruments sont introduits dans la musique du Français : marimba, ukulélé, ondes martenots, mélodica..., ainsi qu'un orchestre, l'orchestre symphonique de Budapest (le même que celui de F. Breut). Peut être que certains fans du début, les fervents amateurs de « La fossette » et de son « Courage des oiseaux » crieront à la trahison. Cependant, « Tout sera comme avant » s’inscrit dans une progression logique, des débuts où le jeune A était seul avec son casio et sa boite à rythme, puis s'est progressivement entouré, jusqu'à jouer quasiment en groupe sur « Auguri ».

Passé l'étonnement d'une première écoute, on ne peut que constater que l'écrin musical met plutôt bien en valeur les textes du Français. On aurait pu craindre que l'orchestration étouffe les paroles, alors qu'au contraire, elle souligne les mots, les entoure, allant et venant, tel « Revenir au monde », couplets dépouillés, quasi nu, avant des refrains où le retour des instruments donne une impression d'ascensionnel. Ailleurs, sur « Dobranoc » par exemple, la musique se fait discrète, devenant un sombre fond sonore, une atmosphère tragique, une des meilleures chansons de l'album, histoire d'un couple en fuite. Les textes, puisqu'ils restent la partie la plus personnel de cet album, ont eux aussi changé : on retrouve des paroles dont le sens n'appairait pas clairement aux premières écoutes, comme depuis « La fossette ». Cependant, les années ont passé, le thème du désenchantement amoureux a fait place à celui de la paternité (les mots enfants revient assez souvent), le retour des souvenirs (« Tout sera comme avant », « les clés »). A cela s'ajoute la voix, qui a elle aussi mûri : elle se fait plus haute et sereine, grave sans être sévère comme sur « Revenir au monde », ou au contraire, elle s'amuse, joue au crooner sur « La retraite à Miami ».

Comme lors de la sortie de « Remué », son album le plus expérimental à ce jour, l'appréhension de la première écoute laisse place à un plaisir de trouver un artiste qui a su changer, tout en gardant une ligne directrice. En effet, certaines chansons auraient pu avoir leur place sur les album antérieur, à commencer par « Dans les hommes », renouant avec les atmosphères plombées de « Remué ». Ne reste plus que la retranscription de ces nouvelles chansons sur scènes, mais les quelques dates que Mr A a assuré seul avec sa guitare laisse présager de bonnes surprises.

note : 9

par franck, chronique publiée le 29-04-2004

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