.:.Chronique.:.

Pochette

Various Artists

Construction Sonor

[Pro Helvetia / Metamkine::2004]

|01 Bernd Schurer - Construction Conor Fieldrecordings (cd 1)|02 Luigi Archetti - Trans (cd 2)|03 Balduin - Creative Constructed Tunnel Session|04 Boris Blank (Yello) - Lightosphere|05 Donzé, Jean, Quennoz - Night & Day & Night|06 Drumpet - Fierabig|07 Erik M - Ur-Sprung|08 Fennesz - n68|09 Intricate - Renewal|10 Monolake - Drift|11 Günter Müller, Tomas Korber - Platform Details|12 Mahmoud Refat - Flapping Motion|13 Seelenluft - Dirty Diggin|14 Table - Ohne Halt|

« Construction Sonor » est à la fois un projet curieux, amusant et complètement fou. D’ailleurs les suisses sont-ils des gens normaux ? C’est à se demander dès fois. Petite explication, donc. Tout commence avec le début du chantier de la NLFA (nouvelles transversales ferroviaires alpines) au Gothard et au Lötschberg. En gros on creuse des tunnels sous les Alpes. Pro Helvetia, la fondation suisse pour la culture, décide de s’associer à la chose en conviant des artistes électro à créer des morceaux en s’inspirant des bruits enregistrés sur les chantiers. Bernd Schurer, à qui on consacre un disque entier, a fourni la matière sonore pour que les autres artistes puissent travailler dessus.

Ainsi « Fieldrecordings » est comme un espèce de collage de sons pris ça et là sur les chantiers de la NLFA. Cela aurait pu être d’une cacophonie atroce mais B.Schurer s’est évertué à garder une certaine harmonie entre les différentes tonalités des engins de constructions, du souffle occasionné par les travaux et les ouvriers eux-mêmes. La notion de construction sonore prends ainsi tout son sens. Nous sommes bien dans le cadre d’un album concept parfois proche d’une musique industrielle des plus cérébrale. B.Schurer tire malgré tout son épingle du jeu même si le disque reste difficilement abordable. La recherche de texture est flagrante et fait appel à des mécanismes bien connus dans les milieux des musiques expérimentales. B.Schrurer créé un univers sonore proche de l’ambiant que des labels comme Touch ou Extreme n’auraient certainement pas renié.

Le deuxième disque est quant à lui largement plus accessible. 13 artistes différents ont travaillé sur les sons récoltés par B.Schurer en les accommodant à leur propre sauce. Toutes les tendances, ou presque, des musiques électroniques se retrouvent représentées ici. Le disque commence par un morceau de Luigi Archetti qui prend le parti d’une musique post-industrielle assez fascinante. On embraye facilement sur d’autres styles passant allègrement d’une techno classique au new jazz ou au trip hop. Diversité serait donc le maître mot de cette deuxième partie. En tout cas on assiste à une relecture de la musique industrielle dans ce qu’elle avait comme esprit novateur.

Si le premier cd n'est pas facilement écoutable de bout en bout (ou alors en étant bien motivé) le deuxième disque se révèle être plus fouillé et plus ludique. Quoi qu’il en soit « Construction Sonor » est une compilation qui porte bien son nom et qui à le mérite d’avoir une certaine audace. Rien que pour ça il serait intéressant de se pencher sur cette compilation.

note : 7

par Fabien, chronique publiée le 25-04-2004

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