.:.Chronique.:.

Pochette

Alasdair Roberts

Farewell Sorrow

[Rough Trade::2003]

|01 Farewell sorrow|02 Join our lusty chorus|03 Carousing|04 I fell in love|05 I went hunting|06 Down where the willow wands weep|07 When a man's in love he feels no cold|08 Come, my darling polly|09 The whole house is singing|10 I walked abroad in an evil hour|11 I am a young man|12 Slowly growing old|

Il y a les groupes qui collent à la mode, parce qu’ils sont là au bon endroit au bon moment, ou juste par opportunité, et ceux qui suivent leur chemin, sans ce soucier du monde extérieur, que leur musique soit vendable ou non, qu’elle plaise à deux illuminés ou quelle soit directement accessible. Ainsi, Franz Ferdinanz est tombé juste au bon moment, plus dansant que The Strokes, mais moins électronique et branché que The Rapture. Que penser alors d’une personne comme Alasdair Roberts ? Ce monsieur ne fait nullement référence aux groupes précités, doit connaître à peine l’électricité, et n’a pour orientation musicale que de créer des chansons sans age, qu’il a du trouver écrites dans un vieux grimoire, dans un château de son Ecosse.

En effet, Roberts et les quelques personnes l’entourant jouent une musique quasi médiévale. Les instruments usités doivent parfois sortir droit du musée, en plus des classiques guitare/basse/batterie ; on y trouve ainsi mandoline, mélodica, glockenspiel… Mais leur timbre ne fait pas tout, la voix sonne aussi étrangement, comme légèrement hanté, avec des inflexions curieuses, hors mode, tout comme les mélodies, étrangement surannées, mais qui malgré la différence, parle à l’auditeur. Et comme ce « Farewell Sorrow » est cohérent, les thèmes des chansons suivent, loin de toute actualité. Ainsi Roberts raconte des épopées guerrières et de chasses, narre des amours galants et d’autres moins…

Et il ne faudrait pas penser à la lecture de ces lignes que l’Ecossais et son groupe sont des fumistes, s’offrant une parenthèse moyenâgeuse de mauvais goût. Ces gens maîtrisent parfaitement ce langage oublié, et le rendent vivant. Ils n’hésitent d’ailleurs pas à introduire dans leur musique quelques extraits de chants traditionnels de leur contré, tel « Carousing ». Et avec seulement un guitare, une voix , des choeurs, la dernière chanson, « Slowly Growing Old », enchante et donne envie de se replonger dans cet univers à la fois proche et lointains.

note : 8

par franck, chronique publiée le 23-04-2004

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