.:.Chronique.:.

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Agent XI

Le Monstre Jaune

[Génie Ou Rien / Chronowax::2004]

|01 Pion 17 Sur Echiquier|02 Concerto Pour Alien En Vert Foncé|03 Tous Les Globules Sont Sous Contrôle|04 Ma Fleur De Mer|05 Un Violoncelle Dans Les Ténèbres|06 Que Soient Les Clowns Et Les Pantins !|07 Al Vincenzo|08 Le Monstre Jaune|09 Légendes Méconnues|

Il fallait qu’un jour ou l’autre que l’électro rencontre le hip-hop. C’était inéluctable. Agent XI a choisi cette voie plutôt qu’un hip-hop plus classique. A l’image d’un Boom Bip, d’un Anti Pop Consortium ou de n’importe quelle production Anticon, Agent XI œuvre dans cette forme du renouveau rap et des musiques urbaines. Le duo formé par Bluz (chanteur et parolier) et de Jemsee (composition) a le mérite de ne pas s’engouffrer dans la facilité même si ils n’échappent pas à certains clichés. Le chant de Bluz, par exemple, ne déroge pas d’un certain classicisme à la française qu’on a entendu maintes et maintes fois ces dernières années. Pour autant on trouvera dans « Le Monstre Jaune » des qualités qui effacent largement ces quelques petits défauts qui auraient tendance à irriter.

Agent XI a un amour immodéré pour les sonorités jazz et cela s’entend mais aussi pour l’électronica à l’allemande genre Morr Music ou Kompakt. Cela apporte une fraîcheur indéniable à l’ensemble de l’album. Pourtant « Le Monstre Jaune » est un disque assez sombre. Cela tient surtout à la vision sociale de Bluz. Ce dernier tient un discours un peu désabusé et pessimiste sur la société actuelle. En fait-il un peu trop ? En tout cas il semble être de quelqu’un de vigilant qui ne veut pas se laisser endormir par tout ce qui l’entoure. Le discours tenu n’est pas forcément le plus dur qu’on ait eu à entendre ces derniers temps dans la mouvance rap mais il a cette capacité à interpeller celui qui l’écoute. Agent XI n’a pas forcément un discours politique mais plutôt une vision du monde qui serait d’une supercherie sans nom. Bluz dénonce autant qu’il peut comme s’il prêchait dans le désert. On espère simplement qu’il ne le restera pas trop longtemps (dans le désert) et que l’on sortira de cette tendance à glisser lentement dans la réaction.

note : 7

par Fabien, chronique publiée le 20-04-2004

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