.:.Chronique.:.

Pochette

Muse

Absolution

[Mushroom UK::2003]

Cela faisait un moment que nous n’entendions guère plus parler de ce trio anglais emmené par le charismatique Mathieu Bellamy .. Après ses deux précédents albums , Showbiz (1999), Origin Of Symmetry (2001) et la sortie à l’été 2002 d’un album Live (agrémenté d’un DVD) intitulé Hullabaloo, on commençait à s’impatienter…

La première question que l’on se pose en prenant le nouveau disque de Muse entre nos petites mains déjà frétillantes d’excitation est pourquoi celui-ci commence t’il par une « Intro » ? Est-ce pour faire comme tout le monde ou simplement pour mieux nous préparer à ce qui va suivre ? Rassurez-vous, la réponse vous arrive en pleine gueule peu de temps après ..

Muse est en forme ! Et même en très grande forme !

Ce nouvel opus est sans aucun doute le meilleur que nous ait livré le trio depuis leur début, mais peut-être également le plus difficile d’accès, et on peut le dire dès maintenant, plusieurs écoutes valent mieux qu’une avant de pouvoir apprécier toute l’ampleur déployée ici.

Les premières paroles de l’album « This Is The End Of The World » donnent le ton. Le nouveau Muse sera sombre ou ne sera pas !

Et la suite confirme tout à fait cette première impression. On se retrouve alors enchevêtré dans un mélange de gros rifs de gratte bien fort qui vous donneront envie d’aller réveiller vos voisins et des mélodies toutes douces qui vous donneront envie de vous blottir dans les bras de la charmante personne qui dort à côté de vous.

Tout est plus fort sur ce nouveau Muse ! La batterie s’élève vers des sommets, la basse se montre de plus en plus omniprésente et agressive, le piano et le violon subjuguent et la voix de Mathieu Bellamy se pose délicatement sur les mélodies fantastiques dont regorge cet album. A noter également l’ambiance très éléctro sur certains morceaux, ce qui constitue une véritable nouveauté par rapport aux anciens disques du groupe.

Muse prendrait t’il le chemin d’un « Kid A » pour son prochain album ?

Affaire à suivre…

note : 8

par Olivier, chronique publiée le 24-09-2003

.:.Un autre regard.:.

Avec ce son reconnaissable entre mille, Muse est un groupe qui déchaîne véritablement les passions. Difficile en effet de rester indifférent à l’écoute de ce rock pompeux et symphonique, à la fois Rivages Noir et Bibliothèque rose. A n’en pas douter, la bande de Matthew Bellamy est venue combler, depuis 1999 et son album « Showbiz », le vide laissé par la disparition de Freddie Mercury en 1991. Comme Queen en son temps, on adore ou on déteste les albums de Muse.

Pourtant, s’il est de bon ton dorénavant de cracher les yeux fermés sur ce groupe dans la presse indie rock, l’impartialité exige de se plonger les oreilles grandes ouvertes dans le dernier opus du groupe, solennellement intitulé « Absolution ». Car Matthew Bellamy est bien décidé à donner l’extrême onction aussi bien aux fans qu’aux détracteurs, qui ne manqueront pas de voir leurs rangs grossir tant les limites du mauvais goût, déjà franchies sur le précédent album, ont cette fois-ci été littéralement explosées. Comme en témoigne l’intéressant documentaire contenu sur DVD bonus livré avec le disque en édition limitée, le groupe s’est fixé pour impératif de donner une dimension épique à chacun de ses titres, à grands renforts de rythmiques militaires (dispensable « Intro »), de cordes (sirupeux « Blackout »), de piano (« Sing for Absolution »), de guitares déchaînées (passionnant « Stockholm Syndrome ») et des traditionnelles vocalises de Bellamy.

C’est bien simple, Muse ne connaît ni la modestie ni la retenue, et aussi curieux que cela puisse paraître, c’est tout ce qui fait leur charme. A des années-lumière de la préciosité sincère d’un Tom McRae ou de l’épure rock des White Stripes, la musique de Muse parvient de manière assez incompréhensible à captiver l’auditeur. En clair, pourquoi parvient-on à aimer ? Peut-être parce que ces trois gamins ont de manière évidente l’honnêteté d’aller au bout de leurs envies, quitte à laisser sur le bas-côté de la route tous ceux qui aimaient le côté minimaliste (toutes proportions gardées) de leurs premières œuvres. « Unintended », sans doute leur chef d’œuvre mélodique, est en effet bien loin, mais on leur sait gré d’avoir su se défaire de leurs plombantes références originelles.

Les guitares sont plus saturées et les rythmiques plus lourdes que jamais, ce qui contentera les amateurs du Muse tendance métal, tandis que le côté baroque s’est lui aussi accentué : les morceaux suivent assez rarement un canevas classique couplet / refrain / couplet, pour s’aventurer régulièrement dans des contrées plus déstructurées. A ce titre, le premier single de l’album, « Stockholm Syndrome », qui représente à lui seul la synthèse de la musique du groupe, a pu décontenancer les fans du fait de la quasi absence de support mélodique. L’ « Interlude » en piste 6 peut quant à lui être ressenti comme un clin d’œil au travail de Mansun, un groupe anglais aujourd’hui séparé, qui savait lui aussi donner à sa musique un aspect théâtral, à la limite de l’opéra burlesque.

En somme, si « Absolution » ne plaira sans doute pas à ceux qui avaient détesté « Origin of Symmetry », on ne peut que lui reconnaître une plus grande homogénéité que le précédent opus et une efficacité certaine qui devrait pousser le groupe à aller encore plus loin dans ses recherches sonores.

note : 8

par Splinter, chronique publiée le 24-09-2003

.:.L'avis des autres rédacteurs.:.

dorian : avis du rédacteur
Fabien : avis du rédacteur
Yann : avis du rédacteur
popop : avis du rédacteur
jean marc : avis du rédacteur
Emilie : avis du rédacteur

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