.:.Chronique.:.

Pochette

Boris

Feedbackers

[Diwphalanx records::2004]

Souvenez vous, au milieu des années 90, un DJ techno faisait danser la France entière avec son tube Soirée Disco, plusieurs années sont passées et aujourd’hui Boris… ne revient pas ! Et oui, ne vous fiez pas à ce nom, Boris n’a strictement rien à voir avec de la techno ou de la dance music, ici il est question de rock japonais, du rock plannant plus précisément, tellement plannant qu’on a l’impression de renouer avec la bonne vieille époque de Pink Floyd ou de King Krimson.

Boris donc, tiens tiens, bizarre ce nom… Et pourtant le trio japonais n’en est pas à son premier coup d’essai, le groupe a en effet une discographie impressionnante, des tas d’albums, des splits avec d’autres groupes, des remix, des EPs, ils ont même recemment sorti un DVD live de leur dernière tournée japonaise ! Le plus impressionnant chez ce groupe c’est que chaque album est différent, parfois rock’n’roll, parfois rock progressif, parfois stoner, bref, ça part un peu dans toutes les directions mais ce qui est commun à toutes les productions du groupe c’est cette homogénéité qui se fait rare dans le petit monde du rock.

Musicalement, ce Feedbackers est un monument de rock progressif, preuve en est que ce disque ne compte qu’un seul titre de 43 minutes qui passe par plusieurs ambiances et qui suit le schéma, certes classique mais tellement efficace : intro, monté toute en douceur, apothéose, redescente et outro. Le tout est très pinkfloydien, en passant par le jeu de guitare au jeu de batterie, on a même le plaisir d’entendre quelques effets electro dignes du grand Richard Wright qui renforcent l’ambiance générale aérienne et progressive. La jeune gratteuse (que l’on peu admirer sur la pochette, elle est belle hein ?) orchestre tout ce disque avec des impros incroyablement plannantes, très proches du Wish You Were Here de Pink Floyd. Même chose pour l’apothéose du disque, pendant laquelle les musiciens peuvent donner libre court à leur fantaisie mais communiquent parfaitement et tutoient sans difficulté l’harmonie musicale la plus seventies qui soit ! On regrettera seulement que la voix manque un peu de personnalité et de profondeur mais l’émotion est bien là, à croire que cet enregistrement est une improvisation totale pendant laquelle les musiciens ont donné tout ce qu’ils avaient. Bref, un presque sans faute, le seul passage quelque peu dérangeant se situe à la fin du disque, la redescente est en effet un peu trop fastidieuse et assourdissante, la petite guitariste force beaucoup sur les distorsions et cela devient légérement pesant arrivé au bout de ces 43 minutes les plus woodstockiennes de ce début de millénaire ! Un disque indispensable pour tous les fans de rock à papa.

note : 9

par johan, chronique publiée le 22-03-2004

A voir également :

http://www.inoxia-rec.com/boris/index.html

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