.:.Chronique.:.

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Her Space Holiday

The Young Machines

[Wichita (import UK)::2003]

|01 The Young Machines|02 Something to Do With My Hands|03 Tech Romance|04 Sleepy California|05 Japanese Gum|06 Meet the Pressure|07 My Gitlfriends Boyfriend|08 The Luxury of Loneliness|09 Girl Problem|10 From South Carolina|

« The Young Machines » titre instrumental de quatre minutes et vingt cinq secondes qui ouvre l’album lui donne donc aussi son nom. Les cloches carillonnent gaiement bientôt rejointes par le beat syncopé puis les sonorités electro-pop softs qui vont bien. On pense à du Postal Service édulcoré (si si c’est possible). Vers la moitié du morceau toutefois, des violons (100% synthétiques eux aussi) viennent aggraver le ton assurant salutairement la transition avec la suite. Car les 9 autres pistes digérées, on ne peut pas dire que la frivolité soit la première chose qui vienne à l’esprit quand on repense à ce cd. Les mots de Mark Bianchi (seul maître à bord ici) sont passés par là.

Et le bonhomme ne doit pas rire tous les jours. En fait, alors que j’ai découvert tout récemment l’existence de son travail avec cet opus, je n’ai pas été surpris d’apprendre depuis qu’il avait intitulé un de ses précédents albums « Home Is Where You Hang Yourself » (« La maison est l’endroit où on se pend »). Dans chacun des morceaux, le californien met en scène et à nu un épisode de sa vie. De la disparition de sa mère (« Sleepy California ») à ses (més)aventures amoureuses (« My Girlfriend’s Boyfriend »), en passant même par les mauvaises critiques sur les webzines ("Don’t get me wrong I don’t mind getting bad reviews, In fact sometimes they’re the only ones who try and speak the truth, But there are others who just love to cross that line, Hoping that their viciousness will boost traffic on their site” sur « Meet The Pressure ») il livre tout de sa voix délicate et ferait passer le premier chanteur emo venu pour un membre énervé (pléonasme ?) de Rammstein*. Cet aspect journal intime (trop ?) grand ouvert pourrait en embarrasser aisément certains. Disons les moins voyeurs d’entre nous. Heureusement, comme en chaque grand dépressif ou presque se cachent des trésors d’humour et de détachement. Ce n’est pas un hasard si la description des situations évoque parfois l’écriture cinématographique lucide et soucieuse du détail d’un E (je pense plus précisément à Susan’s House). La musique jamais agressive tournant hélas assez vite en rond, on guette plutôt religieusement chaque astuce de mise en scène comme sur « Japanese Gum » (modèle du genre renversement de situation) de la même manière qu’on savourait les morceaux les moins futiles de Day One (souvenez vous, le groupe anglais du siècle d’il y a 3 4 ans…).

Pour résumer, voici un disque que les anglophiles mélancoliques apprécieront donc comme une bière avec un bon ami un soir de rupture dans un pub chaleureux (excusant de fait certains dérapages inévitables dans le pathos gluant) alors que les autres pourront a priori passer leur chemin sans (trop de) regret.

note : 6.5

par Thomas F., chronique publiée le 22-01-2004

p.s. : * ironiquement M.B. a débuté sa carrière de musicien dans des groupes de hardcore...

A voir également :

http://herspaceholiday.com/main.html

http://www.epitonic.com/artists/herspaceholiday.html


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