.:.Chronique.:.

Pochette

Tiger Lillies With Kronos Quartet, The

The Gorey End

[EMI::2003]

|01 Hipdeep Family Intro|02 ABC|03 Weeping Chandelier|04 Jesus On The Windshield|05 Besotted Mother|06 Gin|07 Learned Pig|08 Hertha Strubb|09 Dreadful Domesticity|10 QRV|11 Histoire De Kay|12 Trampled Lilly|13 Hipdeep Familiy|

La musique type cabaret à la Kurt Weill avait quasiment disparue de la scène musicale internationale. On ne voyait plus que des simples relectures des grands classiques du genre avec au mieux une vision un peu plus moderne. The Tiger Lillies a choisi d’offrir déjà depuis quelques années une nouvelle jeunesse à ce genre qui avait tendance à tomber peu à peu dans l’oubli. Le trio, composé de Martyn Jaques, Adrian Hugues et Adrian Stout, s’est associé avec le Kronos Quartet qu’on ne présente plus si on est habitué à l’actualité de la musique classique contemporaine.

Pour se faire une idée de l’ambiance distillée par ce disque oubliez tout ce que vous avez pu voir dans ce film à la limite du grotesque tellement il est surchargé qu’est « Moulin Rouge » et référez-vous plutôt à « Lautrec », le film de Roger Planchon. On sera alors plus proche de la réalité, de ces ambiances enfumées où règnent le stupre et la luxure. Le cabaret façon début du XX è siècle, le vrai, celui des gens de mauvaises vies, de ceux qui osèrent défier la bonne morale publique. Pas celui, donc, aseptisé de l’autre film, dont on taira le nom à présent, où tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil, propre sur soi et sans bavures. The Tiger Lillies a donc cet a priori malsain, ce côté rock’n’roll d’avant guerre. La formation est bien dans cette grande tradition du cabaret, celui popularisé par Kurt Weill et Bertold Brecht avec leur « Opéra de Quat’ Sous ». Martyn Jaques également, avec sa voix haut perchée, rentre bien dans ce cadre.

Malheureusement pour eux, et pour nous par la même occasion, cette même voix finit par agacer jusqu’à en devenir presque pénible. Difficile d’aller, donc, jusqu’au bout de l’album sans un réel effort. C’est bien dommage d’ailleurs car les compositions, qui sont librement inspirées de E.Gorey, sont biens desservies par les deux autres membres du groupe et par le Kronos Quartet. Mais peut-être que je suis de mauvaise foi, peut-être ne suis-je pas apte à juger un style que je ne maîtrise sans doute pas. Malgré tout, pour le néophyte que je suis, il m’est apparu impossible d’adhérer totalement à ce disque tant la voix de M.Jaques m’était devenue insupportable. A petite dose donc.

note : 5.5

par Fabien, chronique publiée le 12-01-2004

A voir également :

http://www.tigerlillies.com

http://www.kronosquartet.org

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