.:.Chronique.:.

Pochette

Clearlake

Cedars

[Domino::2003]

|01 Almost the same|02 The mind is evil|03 Wonder if the snow will settle|04 Can't feel a thing|05 I'd like to hurt you|06 Come into the darkness|07 Just off the coast|08 Keep smiling|09 It's all too much|10 Treat yourself with kindness|11 Trees in the city|

En musique, la compilation est bien souvent un objet bancal, destinée à être écouté le premier mois, puis remisé au placard ensuite, en la ressortant vaguement un jour. Mais parfois, avant de la ranger, il arrive qu'un groupe ressorte de l'ensemble à la seule force d'un titre. Ce fut un peu le cas de Clearlake, découvert parmi la trentaine de titres de la compilation Worlds Of Possibility de Domino. Le deuxième disque contenait une petite merveille, Wonder If The Snow Will Settle, de Clearlake : une chanson doucement triste, addictive, après laquelle on ne peut que souhaiter voir la neige.

Pourtant, Cedars, deuxième disque de ce groupe de Brighton, commence bien différemment : avec Almost The Same, ce quatuor démontre l'inutilité de la reformation des Pixies, ou la meilleur chanson de power pop depuis Alec Eiffel (et quelques chansons de Weezer), toute en tension, refrain imparable, le genre de titre qui donne envie le matin d'éteindre son réveil, de se lever et de mettre de la musique. Puis, en trois quarts d'heure, on passera de l'énergie au calme, de l'espoir à la rage, des pianos aux guitares. Avec un petit plus, faisant toute la différence, ce que l'on pourrait appeler du sentiment, du coeur... En effet, de la voix du chanteur aux autres instruments, le groupe ne joue pas, les Monthy Python n'ont pas été invité : on penserait plutôt à Radiohead, qui vit plus sa musique que ce qu'il ne la joue . En effet, lorsque Clearlake s'écorche sur My Mind Is Evil, ou lorsqu'il chante I'd Like To Hurt You, on s'écarte instinctivement de la source musicale pour éviter les coups. Le problème du groupe aurait pu être le passage du lyrique sublime au pathétique navrant : par on ne sait quel instinct, il évite le chausse trappe, qu'il s'enfonce dans un Come Into The Darkness dantesque ou une ballade apaisante au titre de Keep Smiling (référence à B. Wilson des Beach Boys ?). A cela s'ajoutent des arrangements qui rehaussent l'intensité des chansons plutôt que de l'étouffer, à l'image des cordes empoisonnées de My Mind Is Evil.

Sur la pochette, des nuages gris, mais une chanson finale illustrant l'éclaircie autour des arbres. Le plus simple pour résumer cet album : Clearlake comme jumeau de Muse, mais avec du talent et sans démesure, malheureusement moins connu. Et un groupe majeur s'il continue dans cette voix.

note : 8.5

par franck, chronique publiée le 05-01-2004

A voir également :

http://www.clearlake.uk.com/

.:.L'avis des autres rédacteurs.:.

Thomas F. : avis du rédacteur
Fabien : avis du rédacteur

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