.:.Chronique.:.

Pochette

Elles, Les

Siamoises

[Inca - EMI::2003]

|01 Siamoises|02 Mathilda Kepps|03 Le lavoir|04 Plume|05 L'écuyère|06 Trapèze|07 Bouche trou|08 Ville d'un jour|09 Milk|10 La femme bleue|11 Martine|12 L'air des monteurs|

Les Elles nous reviennent enfin avec un nouvel opus. Quatre albums en huit ans, on ne peut pas dire que le groupe soit nouveau sur la scène française, mais on ne peut pas non plus dire qu’il nous abreuve de ses titres, d’autant plus que les demoiselles restent assez discrètes dans les médias. Les Elles, à la base, c’est Pascaline Herveet, auteur, compositrice, chanteuse et Christine Lapouze, violoncelliste et arrangeuse. Pour cet album, elles se sont entouré de trois "ils" musiciens pour enrichir leur musique.

Avec Siamoises, les Elles reprennent la recette de Pamela Peacemaker, leur album précédent, c'est-à-dire une sorte de recueil de nouvelles ayant toutes un fil conducteur. Pamela était "infirmière de bas étages" à "l’hôpital des fées", et nous entrainait de chanson en chanson chez les enfants bulles, chez les petits vieux qui perdent la tête… Cette fois-ci, les Elles nous emmène au cirque. De numéro en numéro, on découvrira des siamoises (« t’en as deux pour le prix d’une »), l’éléphant Plume et sa maîtresse Olga, une écuyère, un trapéziste mort dans un accident de la route (« ironique destin pour le roi du volant »), un clown blanc dépressif…

D’un point de vue musical, on retrouve la pâte originelle des Elles : la voix mutine et cristalline de Pascaline Herveet, des mélodies complexes, parfois dissonantes, un accompagnement plutôt acoustique. Mais, nouveauté dans la discographie du groupe, cet album est résolument électro. « Milk » est un bijou du style. Tout au long des douze titres de l’album, les sons se croisent et se pourchassent pour notre plus grand plaisir.

Quel douceur de se poser pour écouter un album de bout en bout, comme on lirait un livre, de s’attacher aux personnages dont Pascaline nous donne des tranches de vie pas toujours roses (l’histoire de « Mathida Kepps » est plutôt noire, dans la tradition des histoires racontées par les Elles ; il est impossible de rester indifférent à la détresse de « Bouche trou »…), le tout entouré d’une musique envoûtante et parfois dérangeante. A l’heure du tout-rapide, cet album est une pure parenthèse de bonheur.

note : 9

par Claire, chronique publiée le 08-12-2003

A voir également :

http://membres.lycos.fr/magicienne/

?>