.:.Chronique.:.

Pochette

Red

33

[Rectangle::2002]

Un album de blues français, à priori ça a de quoi rebuter. Mais c’est ne pas connaître l’homme, baroudeur, bricoleur et improvisateur. D’ailleurs pour cet album, il a su s’entourer de collaborateurs de renom en musique improvisée tels que Jean François Pauvros, Thomas Belhom ou encore Noël Akchoté mais aussi d’ enfants terribles de la lo-fi avec la participation des géniaux Herman Düne.

A la première écoute, la voix m’a un peu déplu, Red jouant souvent sur son organe pour tomber dans les clichés du bluesman ou refaire ce que l’on a déjà entendu chez Tom Waits. Mais, intrigué par le casting prodigieux, je me suis dit « ça ne peux pas s’arrêter là ! ». Et, en effet, les écoutes suivantes m’ont fait découvrir un album créatif, maîtrisé et terriblement passionnant. Sur de certains morceaux (daily misery, life is great), l’électronique fait son apparition et le mélange avec des instruments organiques est parfaitement réussi, amplifiant ainsi les ambiances angoissantes et oppressantes. A coté de cela, la collaboration des Herman Düne sur des morceaux plus « classiques » (drunk train, the beast in me) apportent la nonchalance et la douce folie nécessaire pour nous faire vibrer. J’adore ces back-vocals qui tombent toujours magnifiquement à coté et ces guitares inspirées mais paresseuses qui rappellent alors Will Oldham. La tension et le minimalisme bruitiste sont aussi de la partie (liar, a fear), ainsi sur le génial Good Job, sans aucun doute le meilleur morceaux de l’album, au rythme plus rock s’ajoutent des cuivres hurlants et déchirants qui renforcent la dramaturgie du moment, nous plongeant dans un univers encore plus sombre et expérimental.

Avec 33, Red nous livre un album impressionnant de maîtrise et de modernité, mêlant à l’univers déjà glauque du blues la liberté de la musique improvisée, la froideur de l’électronique et le toujours très attachant bricolage lo-fi.

note : 8.5

par Gaetan, chronique publiée le 26-11-2003

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