.:.Chronique.:.

Pochette

Viner, David

Mr.David Viner

[In The Act/Dim Mak::2003]

Néophytes en matière de blues, ce disque est pour vous! « M. David Viner » ou comment avoir l’envie soudaine de découvrir les entrailles du blues (Mississipi Fred Mcdowell).Si bon nombre d’entre nous pensaient que les racines du rock’n’roll étaient enterrées depuis longtemps, le « nouveau Dylan » (comme certains se plaisent à le qualifier) vient démontrer le contraire. Et pourtant ce « messie » made in UK n’est justement pas originaire du Delta, bastion de cette musique qu’il fait revivre. Immigré à Détroit, il réalise une belle performance avec la participation de nouvelles pointures telles que The Soledad Brothers(dont il a été roadie), The Kills ou encore The Von Bondies (entre autres). David Viner n’en reste pas moins la star de cet album produit logiquement par le label des Soledad Brothers In the Act. Mais contrairement à ses camarades de route (avec qui il pose sur la sobre pochette de son album), il ne fait pas les yeux doux au rock garage hype et fougueux et, à seulement 21 ans, prouve qu’il existe une autre alternative au rock en 2003. Dépourvu d’artifice, ce disque respire l’authenticité et l’amour de la musique sans autre prétention que de se faire plaisir.

Respectueux des Anciens qui ont du bercer son enfance (Nina Simone), l’hommage rendu à John Fahey est éloquent et se dispense de toute parole (« Ode to John Falhey », « Hobo blues »). « Nobody’s Fault »s’impose comme la chanson phare : un vrai classique ; « Birdsnest » aussi avec un son légèrement crasseux et qui respire le zinc… Suit « Corrina, Corrina », jolie ballade. « Sally Jay » et « Monkey Rag » sont l’exemple de la bonne humeur qui a du régner lors de l’enregistrement. Brut, « Another man » retranscrit la tristesse propre au blues mais jamais désespérée comme à l’instar de l’ensemble des morceaux. Autre moment fort de l’album : « Don’t do That », forme de supplication répétitive. « Beer Belly »morceau « acidulé »blues à souhait et enfin « Trouble in Mind » qui conclut le set avec la voix lancinante de D.Viner. Tous les instruments du blues sont là, des guitares à la contrebasse en passant par l’harmonica et surtout le chant rugueux de David Viner. Il émane des accords de ce jeune homme simple, une générosité et un charme qui ne cesseront sans doute jamais d’être reconnus de bouche à oreille sans jamais être exposé (volontairement ?à tord ?) au plus grand nombre…une musique minimaliste pour un public privilégié qui devra mener un véritable parcours du combattant pour se procurer son opus (grrr) ! Reste que la musique de ce merveilleux songwriter atteint son apogée sur scène (tournée française avec les Soledad Brothers au printemps 2003) : assis sur une chaise, une guitare sèche et cristalline en main, il communie et chante pour un public, déjà conquis, avec une humilité et une sensibilité qui n’appartiennent définitivement qu’à lui.

note : 8

par Emilie, chronique publiée le 19-11-2003

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