.:.Chronique.:.

Pochette

Parsley Sound

Parley Sounds

[Mo Wab / Beggars / Naive::2003]

J'ai bien connu Parsley. Personnage mystérieux, dès notre première rencontre. Etait-il vraiment là d'ailleurs ? La tête dans les nuages, les pieds rivés au sol. Le genre de personnes qui préfèrent regarder les autres danser, tout en pensant à autre chose, légèrement triste quoique enivré. Parsley aime bien se promener au nord de la Californie, dans un San Francisco au petit matin, une brume légère, encore fatigué, le fabuleux "Sunshine Everyday" de Swell éclairant indéfiniment son cerveau. Il aime aussi les Beach Boys, aussi joyeux et structuré qu'un Brian Wilson post Smile, et construisant à l'instar de ce dernier des symphonies de poche, mais noyées dans le brouillard, les instruments se mélangeant, disparaissant parfois, devenant flous. Il est donc difficile de tous les identifier, guitares, piano, cordes, chœurs, claviers divers... Du psychédélisme ? Oui, mais sans la pompe des derniers Mercury Rev, plus proche de Pram et du trip hop que des Flaming Lips.

Parsley Sound travail aux fameux laboratoires de sons Mo Wax. Après des débuts des plus prometteurs, avec en point d'orgue le premier album de Dj Shadow et le plus controversé "Psyence Fiction" d'Unkle, le label était en perte de vitesse, en comparaison d'autres maisons anglaises spécialisées en courant nouveaux, cf. Warp. Puis sortent ces derniers mois un nouveau Unkle et ces sons de Parsley. Le groupe (Parsley Sound) avait au préalable envoyé quelques maxis en guise de cartes de visite, dont certains ont été intégrés à ce premier long format. Sur le groupe lui-même, peu d'informations, du flou, à l'image de sa musique. Ce qui marque le plus dans cette musique? Sa sonorité, des sons mouvants, aucunes certitudes ni de bases surs. La première chanson débute avec un sifflement puis quelques notes de piano, avant qu'une voix envoûtante n'arrive; une voix d'hommes, de femmes? Qu'importe, dès la fin de ce premier titre, on sent que ce Parsley sera souvent invité à la maison, qui avec pas grand chose, construit un monde des plus chaleureux, où il fait si bon vivre. Twilight Mushroom est du même monde, la voix féminine donnant envie de se coucher dans un lit et de regarder le plafond bouger, en se laissant doucement bercer. Cependant, la rêverie suit aussi des cours plus mélancoliques dans Ocean House avec des vagues de doux regrets, ou un Yoyo dans un nuage plus gris. Et etc., entre émerveillements et douces inquiétudes opiacées. Le réveil s'effectue étrangement sur une chanson cachée quasi dansante typée 80'. Parsley avait du s'endormir dans une boite de nuit.

Cet album est une vraie réussite, dépassant de plusieurs têtes Unkle et autres chimères. En effet, ne tenons nous pas là la rencontre quasi inédite et parfaite entre instruments et ordinateurs, pop et électronique, numérique et analogique. A la différence de tant d'apprentis laborantins, le groupe s'attache à construire des mélodies et des ambiances, puis se sert des traitements électroniques pour parfaire le son, qu'il soit en adéquation avec l'idée générale du morceau. La surprise de l'automne, saison qui devrait choisir Parsley Sound comme bande originale.

note : 9

par franck, chronique publiée le 13-11-2003

A voir également :

http://www.parsleysound.co.uk/

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