.:.Chronique.:.

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Dans les arbres

Phosphorescence

[Hubro::2017]

|01 Sciure|02 Fluorescent|03 Luminescent|04 Phosphorescent|

Après être passé par le prestigieux label ECM, le quatuor Dans les arbres revient un peu sur terre en publiant Phosphorescence sur Hubro, structure norvégienne qui a déjà fait ses preuves et qui compte un fort beau catalogue. En fait, ce n’est pas un hasard si le groupe est venu chez Hubro. Christian Wallumrod, qui fait partie de Dans les arbres, a déjà sorti deux disques sur ce label (un avec son EnsembleKurzsam and Fulger – en 2016 et un autre en solo – Pianokammer – en 2015). Même chose pour Ivar Grydeland qui a publié deux albums en 2012 et 2015 (Bathymetric Modes et Stop Freeze Wait Eat). De fait, Dans les arbres connaissaient quelque peu les lieux. Outre les deux susnommés, on retrouve également Ingar Zach, que l’on a déjà croisé avec Looper et qui est également un collaborateur de Jon Balke, ainsi que Xavier Charles dont la longue expérience dans les musiques expérimentales et free ne sont plus à présenter. Phosphorescence est leur troisième album en commun et celui-ci est bien dans cette frange expérimentale, abstraite et improvisée que le quatuor a su développer au sein de ce groupe mais aussi dans leurs projets respectifs. Si l’abstraction est ici de mise on se sentirai presque proche d’une musique que l’on pourrait qualifier d’ambient. En effet, Dans les arbres joue avec une sorte de discrétion et une application qui est quasiment synonyme d’introspection. Si, Dans les arbres est généralement classé dans les groupes d’avant-garde de jazz, on a plus le sentiment ici que la formation a plus d’affinité avec la musique concrète. Cependant, on le sait, la frontière entre les deux a toujours été assez mince. Il ne s’agit pas de choisir son camp mais de se dire que Dans les arbres est ici pour créer des espaces où il est bon s’aventurer surtout quand il s’agit des formes musicales hors champs. Usant d’instruments préparés (piano et guitare notamment) et de traitements électroniques, Dans les arbres construit un environnement où les sonorités sont méticuleuses et évoluant comme des électrons libres. Ajoutez à cela une production plus que soignée et on obtient un Phosphorescence du plus bel effet mais qui ne déroge pas à un certain classicisme. Il faut dire que dans le genre tellement de choses ont déjà été dites ou faites qu’il apparaît encore aujourd’hui difficile de sortir vraiment du lot. Et pourtant l’effort produit par Dans les arbres est assez délectable et bien construit. Ce disque évite pourtant d’être trop académique mais malgré sa beauté tonale, il peine à surprendre totalement. On ne peut pas tout avoir.

note : 7

par Fabien, chronique publiée le 29-05-2018

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http://danslesarbres.net/

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