.:.Chronique.:.

Pochette

Soft Moon, The

Criminal

[Sacred Bones::2018]

|01 Burn|02 Choke|03 Give Something |04 Like a Father|05 The Pain|06 It Kills|07 ILL|08 Young|09 Born Into This|10 Criminal|

C’est étonnant quand même. Quand Luis Vasquez avoue chez Gonzaï que les seules influences qu’il a eu pour Criminal sont Michael Jackson et Prince, on a un peu de mal à le croire. Soit il nous croit complètement crédules, soit c’est un plaisantin de première bourre. Oui, parce qu’en écoutant Criminal on a du mal à cerner l’héritage de Jacko et du nain de Minneapolis. Cure, Killing Joke, Wire, entre autres, seraient sans doute des références plus naturelles quand on écoute un disque comme Criminal. Mais Luis Vasquez n’en démord pas. D’interviews en interviews il cite les deux icônes pop comme s’ils étaient sa madeleine de Proust. On peut le croire sur parole quand il dit cela même s’il dit être fortement intéressé par la musique industrielle. En fait, il est encore difficile de définir les contours de la personnalité de The Soft Moon. Ce qui devrait apparaître évident ne l’est pas totalement et on se rend compte que Luis Vasquez est bien plus complexe dans son approche musicale qu’il n’y paraît. Il serait donc un peu trop facile de résumer les efforts de l’américain comme une resucée post-punk industrialo-EBM des années 80. Pour autant il ne faudra pas trop se hâter pour crier au génie. Un disque comme Criminal, bien qu’il mette la barre plus haut que ses prédécesseurs, a certes ce côté sombre et jouissif à la fois mais il ne nous apprend rien de ce qu’on ne savait déjà sur les formes utilisées. Il reste que Criminal est sans doute son disque le plus accompli à ce jour, celui qui ne connait pas de réelle faille et qui s’écoute avec un vrai plaisir coupable. C’est même presque émouvant que d’entendre ce genre de sonorités aujourd’hui. The Soft Moon, depuis son apparition lui rend justice en s’emparant de tout un pan d’une culture souvent honnie ou moquée. Malgré tout, Criminal est aussi un disque très personnel où Luis Vasquez met ses angoisses, ses peurs, ses envies et utilise la musique comme un exutoire voire une thérapie. C’est ce qui fait sa force et qui le rend irrémédiablement attirant. Avec lui il ne peut y avoir de juste milieu. C’est tout ou rien et fort heureusement il y a tout à prendre avec Criminal.

note : 7.5

par Fabien, chronique publiée le 17-05-2018

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http://www.thesoftmoon.com/

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