.:.Chronique.:.

Pochette

Frajerman, Denis

Rivières de la nuit

[Douzième lune::2017]

|01 The Lifts|02 Rivières de la nuit|03 Noverem|04 Cello Solo|05 Lambeaux de ciel|06 La poupée de fil dorée|07 Requiem for Elja|08 Une aurore de lune|09 Glassnost|

Il est parfois usant de chercher un label pour sortir ses propres disques. Entre diverses tractations et attentes interminables, il n’est pas étonnant de voir certains artistes créer leur propre structure afin de tout maîtriser. C’est le cas de Denis Frajerman (membre de Palo Alto) qui a monté Douzième Lune afin de pouvoir sortir Rivières de la nuit, un album dont la gestation a été plus que longue puisque s’étalant sur plusieurs années. Il faut dire qu’il aura fallu réunir pas mal de monde pour concevoir ce disque En effet, Denis Frajerman n’a pu faire ce disque seul et il s’est entouré de bon nombre de musiciens comme Rhys Chatam, Carole Deville ou Hélène Frissung. C’est aussi sans compter sur les chanteuses (Sophie M, Justine Schaeffer et Géraldine Ros) qui renforcent ce qui s’apparente comme une bande son marquée par l’influence d’un Michael Nyman. Même si ce n’est surement pas la seule, elle est tout de même assez récurrente. Pour autant, Rivières de la nuit est, comme son nom l’indique, un beau disque aux accents nocturnes. Si celui-ci s’éloigne de ses premières expériences électro-acoustiques, il est plus dans la continuité de ce qu’il a pu déjà réaliser au sein du Frajerman String Quartet. Ceci étant, on sent que la seule musique acoustique orienté vers la musique de chambre n’est pas le seul élément qui a inspiré ce disque. Le jazz, la cold wave, la musique de film sont des parts non négligeables dans l’ossature de Rivières de la nuit. Dans un univers onirique qui fait une part belle à une sorte de mélancolie qui ne tombe jamais dans la dépression. Bien au contraire, la mélancolie de Denis Frajerman est souvent heureuse, rêveuse et voyageuse. Elle développe une sorte de poésie qui touche autant au cœur qu’à l’intellect. Si Rivières de la nuit est un disque soigné, subtil et fourmillant de détails (rien qu’un morceau comme Aurore de lune vaut son pesant de cacahuètes) il a aussi ce petit côté précieux, mais jamais fragile, qui donne l’impression que la musique de Denis Frajerman a été déposé dans un écrin. Quand celui-ci s’ouvre toute la richesse de ce disque éclate et se diffuse comme un doux poison dont on ne peut plus se passer. En constante mutation, Denis Frajerman continue donc d’évoluer et il ne finit plus de nous surprendre, Rivières de la nuit étant peut-être à ce jour l’une de ses plus belles réalisations.

note : 9

par Fabien, chronique publiée le 13-03-2018

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http://denisfrajerman.com/

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