.:.Chronique.:.

Pochette

Malon, Matthieu

Désamour

[2017::Monopsone]

|01 Intro|02 Dégage|03 La Syncope|04 Fugue|05 A l'électron|06 La Coureuse|07 Désamour|08 Et ce t-shirt de Sonic Youth|09 Un essai gratuit|

Chanter le bonheur et l’amour ce n’est pas fait pour tout le monde. Ou, tout du moins, on les met tellement à toutes les sauces, jusqu’à l’écœurement et la bêtise la plus crasse, qu’on peut se demander si cela a encore du sens. Pour d’autres, le constat est plus amer, plus contrasté et sans doute plus réaliste. Matthieu Malon, quand il n’officie pas sous le nom de Laudanum, n’est pas de ceux qui débitent des sentiments au goût de sirop. C’est plus dans le tourment que celui-ci va trouver son équilibre et, pour lui, rien n’est jamais simple. Dans Désamour, on comprend toute la complexité des relations homme-femme, que l’amour cède souvent à son opposé et que rien n’est jamais vraiment éternel, ouvrant même ses propres sentiments sur ce que nos sociétés ont à offrir de plus glauque en la matière. Il n’est pas question ici de faire de la psychologie de comptoir mais si Désamour offre un visage plutôt sombre et pessimiste mais on croit deviner derrière une espèce de double langage. Si le discours est souvent désabusé, il n’est pas non plus suicidaire. Matthieu Malon a conscience que notre temps est compté, que la vie repose sur de petits rien et qu’il est inutile de se faire du mal dans des relations dont on sait qu’elles ne mènent souvent à rien. Pour autant, malgré son titre, ce disque n’est pas un désert affectif. Matthieu Malon nous dis juste qu’il ne faut pas se leurrer sur ce que nous sommes et que l’inutile est peut-être dans cette absolue du bonheur qui, la plupart du temps, n’est qu’effleuré. Le tour de force de ce disque tient également dans son approche musicale qui n’est jamais caricaturale. Intelligent, soyeux, à la fois sobre et volumineux qui trouve sa place entre la lumière et l’obscurité, cet album n’est pas qu’un déversement dépressif. Il montre aussi un Matthieu Malon qui sait où il va et qui sait construire ses morceaux avec un matériau plus que solide. Si on avait suivi les épisodes précédents de l’Orléanais on savait qu’il ne faut jamais prendre à la légère l’un de ses disques. Désamour est comme une voix discordante et paradoxalement, cela fait du bien car tellement en dehors des lieux communs.

note : 8

par Fabien, chronique publiée le 23-02-2018

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