.:.Chronique.:.

Pochette

Babils

Ji Ameeto

[Sub Ros::2017]

|01 Ji Ameeto|02 C'est la raison pour laquelle nous cesserons jamais de recommencer|

Si certains groupes sont immuables en ne changeant jamais de line-up, il est quand même assez rare que ceux-ci n’évoluent pas dans le temps. Babils n’échappe pas à ce genre de contraintes. Au départ formé par Michel Duyck et Gabriel Séverin (plus connu sous le nom de Rob (u) Rang), Babils a évolué au fil du temps afin d’intégrer de nouveaux membres jusqu’à en compter six au total. Cependant, le décès de Michel Duyck en 2014 aurait pu tout remettre en question. Le meilleur moyen d’honorer sa mémoire était de garder vivant Babils et de continuer l’aventure. Ainsi, Ji Ameeto est le premier album réalisé sans l’un de ses fondateurs. Composé de deux longues pièces, Ji Ameeto est l’incarnation d’une résurgence d’une musique qui puise ses influences autant dans le krautrock, le psyché, la noise et ce qui peut se rapprocher de ce que l’on écoute en ayant l’impression d’être sous psychotropes. Ce disque, sorti à la bonne période, n’aurait surement pas démérité à côté des productions des divers Can ou Neu ! . Cependant, c’est bien en 2017 que cet album est sorti et il semble bien avoir été enregistré quarante ans auparavant. Babils manquerait-il d’imagination ? C’est peut-être tout le contraire de ce qui se passe réellement sur Ji Ameeto. Si les influences sont bien identifiables, Gabriel Séverin s’efforce d’apporter une touche plus moderne avec ses triturations électroniques. Il n’en demeure pas moins que chacun des morceaux est une belle échappée sonique faites de séquences répétitives et de distorsions sonores. Babils parvient à nous tenir en haleine et à nous transporter si tant est qu’on est une quelconque appétence pour le genre. Si on pense, comme on l’a vu, à une paternité allemande (Can etc…) on pense aussi aux délires d’un Dashiell Hedayat, d’un Gong mais aussi d’un groupe comme Marie et les Garçons. Il apparaît difficile que cela soit autrement, mais tout est possible. En attendant que l’on réponde à nos doutes, Ji Ameeto remplit parfaitement son office et ce sans fausse note. C’est plus qu’appréciable.

note : 7.5

par Fabien, chronique publiée le 31-01-2018

A voir également :

https://babils.bandcamp.com/

?>