.:.Chronique.:.

Pochette

Bronzed Chorus, The

Summering

[Doubleplusgood Records::2016]

|01 Don't Go To That Pool Party|02 Books|03 Cowabunga, Ohio|04 Tin Roof Buririto|05 It Snows Here Forever|06 How Gooda Friends Are Ya ?|07 Hounds of the Barrier|08 Rodeo Rodeo|09 Decollage|10 Widdley Wah ('Til the Break of Dawn)|

L’avantage du math-rock c’est qu’ils n’ont pas toujours besoin de s’embarrasser d’un chanteur. Et, la plupart du temps, les meilleurs d’entre eux n’en ont pas. Est-ce qu’il faut comprendre que cette absence vocale promet forcément une musique plus relevée ? Rien n’est moins sûr. Prenons le cas des américains de The Bronzed Chorus. Ils n’ont certainement pas inventé l’eau chaude mais ils ont une conscience artistique et professionnelle qui force le respect. Appliqués, avec l’esprit retors comme il faut et une puissance de feu adéquate, The Bronzed Chorus se défend dans un genre qui peine un peu à surprendre désormais. Se voulant héroïque mais aussi technique, le duo formé par Adam Joyce et Hunter Allen se démène pour être à la hauteur d’un math-rock qui a toujours été dans une certaine forme d’exigence. En effet, celui-ci n’a jamais vraiment toléré l’à peu près mais n’accepte pas pour autant les choses trop bien rangées. De fait, The Bronzed Chorus a compris qu’il fallait être un peu teigneux dans ce que l’on fait sans être dans le n’importe quoi pour autant. Summering reprend nombre de codes mais avec la passion qui leurs sont dus. On ne pourra donc pas vraiment leur en vouloir puisque ce disque est, dans l’absolu, tout à fait appréciable. Il joue son rôle de dynamiteur et ne se fait pas prier pour vous faire couler un peu de sueur sur le front. Un disque de math-rock en bonne et due forme en somme, ni plus ni moins. Oui, parce que l’on a aussi conscience que Summering n’a pas le pouvoir de déboulonner ceux qui ont fait les lettres de noblesse du genre. Il a certes de très bons arguments mais le niveau est déjà allé tellement haut qu’il est bien difficile de surpasser ce qui semble ne pas pouvoir l’être. On peut toujours rêver et peut-être qu’un jour The Bronzed Chorus aura un gros coup de génie. Peut-être… En attendant, Summering remplit fort bien son office, sans honte, sans penser à la plus petite contre-performance. Solide, donc.

note : 7.5

par Fabien, chronique publiée le 23-01-2018

A voir également :

https://thebronzedchorus.bandcamp.com/

?>