.:.Chronique.:.

Pochette

Garciaphone

Dreameater

[Microcultures::2017]

|01 Don’t Let It Die Like This|02 Oh Sleepless World|03 Heirmet|04 I’ll Be a Riddle|05 Mourning of the Day|06 Deadstar|07 Every Song of Sorrow is New|08 A Hole in the Universe|09 Our Time to Spare|10 Dusk|

Il faut dire ce qui est. Dreameater est sans doute l'un des disques de cette fin d'année 2017 si ce n'est de l'année tout court. Et c'est peu de le dire. En dix chansons Olivier Perez et ses camarades nous mettent échec et mat. En digne héritier d'un Elliot Smith (dont l'absence manque cruellement), Garciaphone délivre avec Dreameater un disque quasiment parfait. On se demande même si on a écouter quelque chose d'aussi lumineux ces derniers temps. Pas si sur. Après être passé sur les très beau label Kütü Folk et Talitres, Garciaphone a trouvé refuge chez Microcultures qui n'en demandait peut-être pas tant. Parce que oui, on le redit, on vous le rabâche, on vous le hurle, Dreameater est un coup de maître. Garciaphone fait feu de tout bois pour nous concocter des morceaux lumineux dont l'évidence saute aux oreilles. On savait que les clermontois avaient ce feu sacré en eux. On savait qu'ils étaient capables de tutoyer les sommets avec cette simplicité et ce flegme si particulier. Effectivement, Elliot Smith n'est pas loin (mais on peut tout aussi bien citer Grandaddy ou, quelque part, Sebadoh), il leur chuchote à l'oreille cette formule magique qui fait que chaque titre tutoie une certaine grace. Heureusement que l'on sait qu'Olivier Perez nous vient de Clermont Ferrand car à l'écoute on pourrait se méprendre. Mais rien d'étonnant à cela. Quand on recoupe les propos du bonhomme il n'est pas difficile de se rendre compte que ce qui l'a nourrit ce sont, la plupart du temps, des artistes d'outre Atlantique. Il s'en est imprégné et ces influences ne l'ont jamais quitté et encore même aujourd'hui. Grand bien lui fasse et tant mieux pour nous. Il est donc fini, et irrémédiablement fini, ce temps ou, pour exister, il fallait faire la musique de ses aînés et avoir une signature typiquement française. D'ailleurs est-ce que cela veut dire quelque chose de nos jours ? Quand on y songe ceux qui veulent rester dans ce carcan franco-français se sont souvent cassés la gueule et peu arrivent à surnager. On peut même les compter sur les doigts d'une main. Le reste est simplement une torture pour nos tympans. Ne croyez pas que Garciaphone a choisi la facilité. Bien au contraire, pour s'affranchir d'un pan culturel aussi lourd que le notre, sans parler des sarcasmes que cela peut engendrer, il ne faut pas se louper. Pas de risque de côté là. En écoutant en boucle Dreameater on ne peut que se dire qu'Olivier Perez, depuis le début, a fait le bon choix.

note : 9

par Fabien, chronique publiée le 21-11-2017

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http://www.garciaphone.com/

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