.:.Chronique.:.

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Óbó

Innhverfi

[Morr Music::2014]

|01 Ùthverfi|02 Svartur galdur|03 Gjallharhornin|04 Stilla|05 Fyrirboði|06 Rétt eða rangt ?|07 Gullregn|

Il faut se rendre à l'évidence. La taille d'un pays ne fait pas la qualité des gens qui y habitent. Prenez l'Islande par exemple. Peu d'habitants (un peu plus de 300 000) mais tout ce qui en sort nous semble d'un autre niveau autrement plus élevé que ce nous entendons habituellement. C'est un constat. Un constat qui se répète à chaque fois et qui se confirme avec le premier album solo d'Ólafur Björn Ólafsson qui a eu la sagesse de ne prendre que les initiales de son nom pour concevoir son sobriquet de scène. Óbó donc. Celui qui était surtout connu comme étant derrière les claviers de Sigur Ros et de Jonsi sur scène sort de l'ombre pour nous proposer une musique crépusculaire entre pop onirique, jazz et le minimalisme (comprenez ce qu'a pu faire des compositeurs comme Steve Reich ou Philip Glass). Innhverfi (qui serait un jeu de mot combinant les mots faubourg et introverti) est un disque sensible dont les nuances sont nombreuses à l'image du paysage mélancolique islandais qui n'en finit plus de révéler ses mystères et sa beauté. Ce disque est donc quelque peu hors du temps, à la lenteur hivernal et d'une clarté virginale. Sa fragilité n'est qu'à la hauteur de la beauté qu'il dégage. C'est aussi simple que cela. En total lévitation, la musique d'Óbó est pour le moins suggestive et porte l'empreinte de ces paysages qui défient l'imagination. Pour autant on constate une certaine retenue, voire presque de la timidité. On le ressent dans son chant. D'ailleurs ce n'est pas un chanteur et ne tente même pas de l'être. Il se met au diapason des atmosphères qu'il a créé, laissant l'imaginaire de chacun faire le reste. Innhverfi ne laisse pas indifférent et s'écoute sans qu'il y ait d'interférences extérieures. Dans le cas contraire, ce serait s'éloigner de toute la richesse et de la subtilité de ce disque qui se vit comme dans un rêve éveillé. Décidément, oui, l'Islande n'a pas fini de nous dévoiler ses plus beaux trésors.

note : 8

par Fabien, chronique publiée le 18-10-2017

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