.:.Chronique.:.

Pochette

Hauf, Boris

Clark

[Shameless Records::2016]

|01 Fantods|02 Mind Tapes|03 Non Stop Flight|04 Le Chien|05 Violet Moon|06 Corona|

Voilà de cela presque une douzaine d'année l'album de Boris Hauf, Soft Left Onto Westland, me laissait penser que la musique électronique quand elle se veut minimale ou dans une orientation électronica, avait quelque peu tendance à tourner en rond, ayant donnée déjà le meilleur d'elle même sans possibilité d'aller plus loin. Aujourd'hui la situation n'a pas vraiment changé mais elle n'est pas pire qu'avant. Nous sommes dans une sorte de status quo où les productions actuelles sont dans une sorte de maturité qui forcent le respect mais qui peinent souvent à s'éloigner des expérimentations du passé. Pourtant, on sent une réelle volonté d'aller de l'avant, de ne pas se contenter de ce qui a déjà été fait. On fouille, on fouine, on essaye mais la prise de risque n'est pas toujours totale. Dès lors, on attends la prochaine révolution, on attends que la digue se brise pour s'ouvrir de nouvelles perspectives. Boris Hauf est de ceux qui ont de l'expérience, une maîtrise infaillible de la matière sonore, une capacité à créer des formes et des trames complexes, avançant dans des zones grises et parfois cliniques mais qui ont aussi une difficulté chronique à dépasser les présupposés du genre. Ce qui est dommage car un disque comme Clark est très défendable et se montre même assez séduisant. Finement construit, Clark montre que Boris Hauf est toujours dans l'excellence, offrant plusieurs visages tout en ne cédant jamais à la facilité. C'est sans doute sa grande force et sa prise de risque se trouve bien là. Pour autant on ne peut être dupe de son ambition qui bute devant le mur de l'innovation. Comme beaucoup de ses camarades, Boris Hauf ne nous apprends pas grand chose sur l'évolution de la musique électronique. Mais Clark, dans l'absolu, n'a pas à avoir de ce qu'il est. Son auteur y a mis toute son énergie et celle-ci transpire généreusement de chacun des morceaux. Il y mélange plusieurs influences allant de l'expérimental à des choses plus dansantes à tendance gabber, en passant par une musique souvent anxiogène et clinique où le glitch a une place dominante. De fait, rien n'est jamais simple. D'autant plus que ce disque est initialement paru en 2006 sur le label Sijis. Dix ans plus tard Clark reste un bon disque sans qu'il soit une pierre angulaire de la musique électronique et c'était comme si il avait vraiment été conçu en 2016. C'est la vie.

note : 7

par Fabien, chronique publiée le 02-05-2017

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http://hauf.klingt.org/

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