.:.Chronique.:.

Pochette

Burger, Rodolphe

Good

[Derniere Bande::2017]

|01 Good|02 Happy Hour|03 Cummings|04 Poème en Or|05 Rien ni personne|06 Fx of Love|07 Providence|08 And der Lili|09 Painkiller|10 Waste Land|11 Hard Times|12 Lenz|

Contrairement à ce que l'on pourrait penser, la disparition d'Alain Bashung n'a pas laissé un boulevard a Rodolphe Burger. Les deux hommes n'ont jamais été concurrents. Ils ont même collaboré ensemble (notamment sur l'éternel Fantaisie Militaire) et c'est surement parce qu'ils s'appréciaient qu'ils ne se sont jamais marchés dessus. A écouter leurs disques on peut y trouver de nombreuses familiarités. Pour autant, l'auteur de Samuel Hall et son interprète ont toujours gardé une amitié qui n'a sans doute jamais failli et ce jusqu'à la fin. Mais qu'on ne se méprenne pas. L'un ne copie pas l'autre et inversement. Chacun des deux artistes ont eu leur propre trajectoire et il se trouve que ces trajectoires ont fini par se croiser. C'est aussi simple que cela. Alors si on pense à Alain Bashung en écoutant Good ce n'est surement pas pour faire offense à Rodolphe Burger. Bien au contraire, si quelqu'un peut bien être comparé au chanteur disparu c'est bien Rodolphe Burger et ce sans qu'on crie à l'usurpation. En soi, Rodolphe Burger n'a rien à prouver là dessus. Il a toujours suivi son propre chemin et ici, en s'entourant d'Olivier Cadiot, Pierre Alféri ou Christophe Calpini, en empruntant les textes de Büchner, T.S.Eliot, Beckett ou E.E.Cummings, il s'aventure sur les terrains qui le touchent au plus profond de lui même. Good fait une fois de plus ressortir ses aspirations à un blues nocturne, infatigable et insomniaque. De sa voix profonde à partir de laquelle il déclame ses textes, il se montre serein tout en voyageant au plus profond de l'âme humaine. Qu'il chante en français, en allemand ou en anglais, Rodolphe Burger est comme une sorte de mirage, auteur d'une musique tirée des songes mais qui devient réalité dès que les premières notes résonnent. C'est donc bien cela, Good est l'incarnation d'une musique résonnante et qui, sans en faire trop, parvient à nous faire vibrer. C'est de la magie permanente que nous propose Rodolphe Burger, un Poème en Or qui ne dit pas son nom mais fait resurgir tout son humanisme. On en attendait pas moins de lui et Good est aussi l'image d'une certaine idée d'un rock aussi mutant, apaisée que poétique. La nuit n'a jamais été aussi belle.

note : 9

par Fabien, chronique publiée le 07-04-2017

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