.:.Chronique.:.

Pochette

O'Callaghan, James

Espaces Tautologiques

[Empreintes digitales::2016]

|01 Objects-Interiors|02 Bodies-Soundings|03 Empties-Impetus|04 Isomorphic|

On ne le dit jamais assez mais les possibilités de la musique acousmatique ou concrète sont infinies. C'est, en tout cas, l'impression que donnent les réalisations faites par les différents représentants du genre. De Pierre Schaeffer à Michel Chion, en passant par Bernard Parmegiani ou Jean Schwarz on a pu constater que les frontières ont su être dépassées et que de nouveaux espaces ont été découverts ou sont encore à découvrir. C'est un peu la sensation que l'on a en écoutant ce disque de la nouvelle génération (son auteur est né en 1988). James O'Callaghan, montréalais de son état, primé à moult reprises, signe ici un disque tout à fait saisissant, toujours sous tension et qui libère différents niveaux d'écoutes. En appelant son disque Espaces Tautologiques ne nous avoue t'il pas qu'il a usé de procédés manipulatoires afin de dire tout le temps la même chose ? C'est un peu difficile à croire mais pas tout à fait irraisonné. Et, d'ailleurs, ce ne serait pas la première fois que cela arriverait. Pour autant, le canadien change souvent de direction, par séquences, plus ou moins courtes. Utilisant du field recordings, des objets aux sonorités amplifiées, distorsion de sons environnementaux grâce à l'informatique, James O'Callaghan privilégie les retournements de situations, les changements de direction tout en s'appuyant sur la précision des sons et d'une arborescence musicale fouillée mais qui ne saurait être anarchique. Enfin, pas dans le sens où on l'entends habituellement. Dans le fonds, Espaces Tautologiques apparaît comme assez classique dans sa forme. Il met en avant les règles de la musique concrète mais les pousse plus avant et donne un rythme à sa musique qui se veut en constant mouvement. Mais un mouvement qui n'est pas linéaire. Celui-ci est accidenté, changeant et évoquant des espaces dont l'harmonie n'est pas celle ordonne les choses de manière trop spartiate. Non, l'approche de James O'Callaghan se situe dans le vivant et si il y a manipulation de sa part, elle n'est que dans la malléabilité des sons.

note : 7.5

par Fabien, chronique publiée le 26-01-2017

A voir également :

https://soundcloud.com/james-ocallaghan

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