.:.Chronique.:.

Pochette

Russack, Emma

In a New State

[Spunk !::2016]

|01 Cottesloe|02 If You Could See Me Now|03 Narooma|04 Have You|05 Best Love|06 My Own Friend (There's Summer Inside Me)|07 Without Holding On |08 Another Chance |09 You Gave Me|10 Not the Friend|

Quand on a dans l'idée de réaliser un album qui sonnerait comme Zuma de Neil Young with Crazy Horse il ne faut pas se louper. C'est un sacré challenge qui ne tolère aucun faux pas. Emma Russack, australienne de son état, n'a sans doute pas dans l'idée d'égaler l'icône canadienne mais au moins se rapprocher un peu du paradis tant convoité. Bien sur, elle n'a pas dit qu'elle ferait exactement la même chose mais qu'elle essaierait de ressembler à ce que Neil Young et le Crazy Horse ont pu faire à l'époque. Mais le plus dur n'est pas tant l'influence majeure qui nourrit l'album que l'authenticité qu'on veut lui donner. Ce n'est pas chose aisée et l'idée a surement du traverser la tête d'Emma Russack. Il peut difficilement en être autrement et In a New State n'aurait probablement jamais vu le jour si la jeune femme n'avait pas associé ce qui l'anime au plus profond d'elle même à ce projet pour le moins ambitieux. Le monde de la musique étant ce qu'il est, Emma Russack pourrait se voir notifier de nombreuses critiques pas forcément aimables mais il faudrait que ceux qui en seraient tentés, d'écouter un tant soit peu In a New State. En un sens, Emma Russack n'a pas à se justifier sur ses choix. In a New State à un côté un peu spartiate mais il va à l'essentiel, vers une beauté pure et crépusculaire. La jeune femme cherche à simplifier les choses. En soi, elle n'a pas besoin de se compliquer la vie pour parvenir à ses fins. Ce côté épuré privilégie l'efficacité. Une efficacité mélodique, d'arrangements avec une orchestration resserrée. Ce moment intime qu'elle partage avec nous se vit comme une ballade dans une forêt qui se serait installée durablement dans l'automne. On y verrait poindre entre les feuillages quelques rayons de lumières qui nous empêcheraient de sombrer dans une douce mélancolie. Pour cela, Emma Russack n'a nul besoin de hurler, ni même de chuchoter. Elle chante d'une voix posée, presque neutre mais assurée, comme si on l'accompagnait dans son périple forestier et qu'elle nous parlait comme à un ami de longue date. Alors oui, on pense à Neil Young mais aussi à Scout Niblett ou Hope Sandoval et on se dit que l'on a bien fait de se poser un instant pour l'écouter et ne rien faire d'autre.

note : 7.5

par Fabien, chronique publiée le 19-10-2016

?>