.:.Chronique.:.

Pochette

J & L Defer

No Map

[Exploding in Sound::2016]

|01 Transition|02 Hard Fiction Road|03 Vibrant|04 Horror|05 Beach Dark|06 Johnny, Dream|07 Nowhere|08 River|09 Hell|10 Ian's Room|

Ceux qui connaissent Disco Doom seront content d'apprendre que deux de leurs membres, Anita Rufer et Gabriele De Mario, viennent de sortir un disque sous le nom de J&L Defer. Ce n'est pas une lubie de dernière minute puisque le duo existe depuis quelques années déjà en parallèle de Disco Doom. La chose est assez fréquente pour qu'on ne s'extasie pas davantage. Pour autant, il est plus intéressant de se pencher sur ce premier album, No Map, qui pourrait bien donner quelques sueurs froides à ceux qui aiment une musique trop bien ordonnée et pétrie de prérequis. J&L Defer sont à la marge. Une sorte d'ovni chargé aux psychotropes qui n'est pas sans rappeler les débuts d'un Animal Collective et de leur label Paw Tracks. On est ici dans le même sillon. No Map est dans cette optique de musique DIY, qui ne cherche pas forcément la perfection et fait de ses défauts une force. Nous avons ici une succession de morceaux hypnotiques, granuleux, rêveurs, obsessionnels par moments, lumineux (souvent) qui sont aussi imparfaits que touchants. Alors qu'il est désormais de bon ton de cracher sur Animal Collective dans les milieux où il fait bon de s'envoyer des glaviots par pur snobisme, on ne voit pas pourquoi on ne devrait pas en faire autant avec J&L Defer. Sauf que No Map est un bon disque et lui tailler un costard serait d'une mauvaise foi terrible à moins d'être atteint d'une surdité implacable. Il n'y a pas lieu de culpabiliser d'aimer un disque pareil tout simplement parce qu'il apporte son lot de poésie sonore qui s'échappe du commun pour nous emmener sur une terra pas si incognita que ça mais qui reste passionnante. Ne nous laissons donc pas avoir par les oiseaux de mauvais augure. Ici, il n'y a pas d'arnaque, pas de tentative de récupération artistique, pas de prise de tête grossière. No Map est un disque sincère qui, bien que tous les morceaux n'aient pas la même teneur émotionnelle, s'écoute en ayant l'impression de léviter. Fait avec trois fois rien (autant dire les moyens du bord), cet album est l'une des belles surprises de cette année 2016. Profitons en, il n'y en a pas beaucoup.

note : 8

par Fabien, chronique publiée le 30-09-2016

A voir également :

https://jldefer.bandcamp.com/

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