.:.Chronique.:.

Pochette

Breut, Françoiz

Zoo

[Caramel Beurre Salé::2016]

|01 La conquête |02 Loon-plage|03 La danse des ombres|04 Le jardin d'Eden|05 Deep Sea Diver|06 Zoo|07 Ecran total|08 A pic|09 L'arbre|10 Morlocks und die Streunerin|11 La proie|

A chaque fois c'est un peu la même histoire. Sans faire de bruit, Françoiz Breut nous livre un nouvel album dont on ne sait s'il tient du miracle ou de la magie pure. Car il faut bien se rendre compte que plus le temps passe, plus madame Breut affine sa musique, ses textes, ses arrangements. Une musique de plus en plus adulte mais qui parvient également à céder à la rêverie et au désir. C'est le paradoxe de Françoiz Breut. Cette dernière n'a jamais été terre à terre, la tête un peu dans les nuages, portant son regard sur les relations humaines, les belles histoires, celles qui ont ou qui pourraient exister. Zoo, c'est un peu tout cela en même temps. Comme elle le dit dans le morceau du même nom, il faut bien nourrir les animaux qui se trouvent en elle. Et Françoiz Breut y parvient admirablement. Sur des airs déliés et fluides, elle nous parle surtout d'amour. Ceux véritables, perdus, présents ou à reconquérir. Elle aborde toujours la chose presque comme une spectatrice mais elle sait aussi être actrice de ses propres récits. On imagine alors très bien que les morceaux de Zoo ait une petite part autobiographique. Il est possible que l'on se trompe mais on a envie d'y croire tant ces textes lui collent à la peau. Au-delà de ça, le tout est portée comme à l'habitude par une musique raffinée, lumineuse et habilement construite. Produit par Adrian Utley (Portishead), Zoo rappelle parfois cette pop à l'anglaise que l'on pouvait retrouver chez les très regrettés Broadcast. Donc oui, les accents british un peu arty, avec ce sens de l'épure et d'un détachement par rapport aux choses tout en le rendant sérieuses et belles. Ici, Françoiz Breut est parfaitement dans son élément, naviguant sur des eaux pas aussi calmes qu'il n'y paraît et permettant à tout à chacun de voyager sur le fil de ses propres sentiments, un peu « au hasard des courants ». Et là dessus, Françoiz Breut n'a sûrement de leçon à recevoir de personne. Zoo est un parfait successeur à La chirurgie des sentiments et ce disque parvient à charmer son monde comme si on découvrait pour la première fois son auteure. C'est peut-être là le vrai tour de force de Françoiz Breut. Celui de se bonifier à chaque nouveau disque.

note : 8

par Fabien, chronique publiée le 28-04-2016

A voir également :

http://www.francoizbreut.be/

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