.:.Chronique.:.

Pochette

Ikonika

Aerotropolis

[Hyperdub::2013]

|01 Mise en place|02 Beach Mode (Keep It Simple)|03 Mr Cake|04 Practice Beats|05 Eternal Beats|06 Completion V.3|07 Manchego|08 Let a Smile Be (Y)our Umbrella|09 Lights Are Forever|10 Mega Church|11 Cryo|12 Backhand Winners|13 You Won't Find It There|14 Zen Sizzle|

Quand un disque a plus d'un an de vie, ou à peu près, on le considère comme une vieillerie déjà prête à être mise dans le back catalogue. Alors bon, trois ans, cela tient de la brocante. Encore plus quand on a une artiste comme Sara Abdel-Hamid aka Ikonika qui s'évertue à nous faire redécouvrir des sonorités et des schémas électroniques qui ont de grandes chances d'être plus vieux qu'elle. Dans le fond, la question qui se pose est bien de savoir à quoi peut bien servir un album comme celui-ci ? On a beau y apposer des étiquettes plus ou moins récentes comme le wonky ou le dubstep pour donner un sens à sa musique mais il n'en demeure pas moins que l'influence profonde de ce disque se cristallise dans les 80's. En soi, elle n'est ni la première ni la dernière à devoir puiser dans le vivier de cette décennie trop vite décriée. Mais, dans le cas présent, nous sommes plus dans le décalque qu'autre chose. Si les morceaux tiennent la route et peuvent se révéler séduisant c'est l'habillage qui ne brille pas vraiment par sa modernité. En un sens, sortir un disque comme celui-ci aujourd'hui est presque un anachronisme. Presque, parce qu'ils sont nombreux, tous genres confondus, à ne plus trop se faire chier avec ce genre de considérations. Tout est permis, quitte à reprendre une esthétique vieille de trente ans. Qui est-ce que cela peut gêner dans le fond ? On s'habitue à tout recyclage. Tant qu'on n'essaye pas de faire passer cela pour quelque chose de profondément original, on peut être en mesure d'accepter. Sans démériter pour autant, Aerotropolis suscite au mieux un amusement poli, au pire à se remettre à jouer à Super Mario avec l'impression que ce n'est vraiment plus de votre âge. Et pourtant, Ikonika se donne du mal ou plutôt du plaisir. La jeune femme met un soin particulier à ne pas fatiguer l'auditeur trop vite en l'emmenant sur des pistes plus que variées et rebondissantes. Mais pour ne pas le perdre totalement, Ikonika restera sur une esthétique identique sur chacun des titres. L'effet de surprise, si il y a, tourne donc court assez rapidement. On ne peut pas tout avoir...

note : 6

par Fabien, chronique publiée le 07-04-2016

A voir également :

http://ikonika.tumblr.com/

?>