.:.Chronique.:.

Pochette

Tullett, Ed

Fiancé

[Monotreme Records::2016]

|01 Irredeemer|02 Malignant|03 Posturer|04 Canyine|05 Saint|06 Kadabre|07 Ply|08 Are You Real|09 Ivory|

Il ne manquerait pas grand chose pour que l'on considère Ed Tullett comme un petit insolent qui viendrait perturber l'ordre établi. Du haut de ses 22 ans, il délivre un second album d'une beauté diaphane qui ne peut laisser de marbre. Déjà, quatre ans plus tôt, à peine majeur, Ed Tullett s'était fait remarquer avec Never Joy et on pensait bien avoir là la nouvelle pépite du song-writing intimiste et crépusculaire. Fortement influencé par Bon Iver, le jeune britannique s'est patiemment construit sa propre identité musicale dès sa prime adolescence. Ne voulant pas brûler les étapes, il a pris son temps avant de sortir Fiancé. En effet, celui-ci est le premier à sortir de manière classique, Never Joy étant disponible qu'en téléchargement et sur aucun label. De fait, il fallait faire les choses biens et en signant sur Monotreme, il pouvait légitimement avoir les coudées franches pour sortir l'album qu'il pouvait avoir en tête. Et celui-ci respire une maturité étonnante, sensible à souhait et tout en émotivité. Ed Tullett semble ici avoir vécu mille vies avant d'avoir pu écrire ces quelques morceaux. Le jeune homme sait jouer de la corde sensible avec une maîtrise sans pareil. Porté par un Malignant solaire, Fiancé étonne par son caractère organique et sa douce mélancolie qui, fort heureusement, n'est pas larmoyante. A cheval entre l'électronica et l'alt-folk, ce disque possède également un côté céleste qui n'est pas négligeable. Est-ce que c'est sa fibre poétique qui resurgit ici  ? C'est fort possible. Parce que oui, il faut savoir qu'Ed Tullett, en dehors de sa musique, écrit de la poésie. Il est difficile de ne pas deviner que les deux marottes du bonhomme finissent par s'imbriquer pour ne plus pouvoir se dissocier. On aurait pu craindre un album prétentieux et porté sur la grandiloquence. Il n'en est rien. Tullett sait rester humble et donne à sa musique une clarté et une fibre sensible accessible au commun des mortels. En un mot comme en cent, Ed Tullett confirme la belle expérience que fut Never Joy. Pour autant, on sent qu'il est encore capable d'aller plus loin et de ne pas se contenter des choses déjà acquises. On a envie d'y croire.

note : 8

par Fabien, chronique publiée le 05-03-2016

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http://edtullett.co.uk/

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