.:.Chronique.:.

Pochette

Cober Ord

Le revers du soleil

[Mantra Spenta / Phage Tapes::2015]

|01 Le revers du soleil|02 Cimetière chimères|03 Brume|04 Forêt V Cathédral Glas I|05 Le même arbre se répète|06 Danse pierre|07 Sortarius|08 Metempsuchosis|

Quand il est question de musique rituelle on a tout de suite cette évocation d'une musique sombre, issue des abysses, possiblement malsaine, venant de contrées obscures et faisant appel à des spectres multi-séculaires. Il y a même un petit côté rigide à tout cela et très solennel. L'un des groupes qui a pu popularisé la chose est sans doute et sans conteste Dead Can Dance. Pour autant, tout le monde ne s'est pas contenté à suivre les traces de Brendan Perry et de Lisa Gerrard. Comme n'importe quel genre, celui-ci s'est développé faisant apparaître inévitablement des sous-genres, des apports d'influences diverses mais bien souvent piochées dans les musiques non conventionnelles. De fait, depuis les années 80, elles ont su séduire d'une manière assez large que ce soit dans les milieux rock, new wave, metal, folk, industriels, ambient... Quoi qu'il en soit Cober Ord c'est un peu l'héritage d'une aventure aussi esthétique que sonore qui durent depuis quelques décennies. D'ailleurs les deux protagonistes qui forment ce groupe ne nous sont pas inconnus. D'un côté nous avons Yann Arexis que l'on a déjà croisé dans Stille Vox et Sus Scrofa. De l'autre, Yann Ha, membre de Habsyll et de< «  O  ». Clairement, nous n'avons pas affaire avec des musiciens dont le ritualisme serait de pacotille et seraient en train de se complaire dans une musique trop abordable ou trop accessible. Non, Cober Ord vise le néant, les tréfonds de l'âme, impose une chape de plombs et continue, quoi qu'il arrive à creuser profondément afin d'y trouver la terrible inconnue tapie dans l'ombre depuis trop longtemps. De fait, Cober Ord explore les zones les plus sombre, les plus torturées et se repaît d'une ambiance la plus malsaine qui soit. Le Revers du Soleil comme une émanation de formations comme Etant Donnés, Z'ev ou Raison d'Être, instaure un juste milieu entre l'industriel minimaliste et le dark ambiant tendance ésotérique. Ce disque n'est résolument pas fait pour mettre à l'aise mais il révèle une approche artistique qui ne souhaite pas se réfugier dans les plus gros clichés des musiques rituelles. Le Revers du Soleil, cette face cachée, monolithe noir est ce côté que nous ne voulons pas voir, cette souffrance que nous refusons mais qui existe bel et bien. Elle se dresse devant nous et Cober Ord l'incarne d'une manière implacable. Nous sommes donc bien loin de Dead Can Dance...

note : 8

par Fabien, chronique publiée le 18-12-2015

A voir également :

http://coberord.blogspot.fr/

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