.:.Chronique.:.

Pochette

Sagot, Julien

Valse 333

[Simone Records Ici d Ailleurs::2015]

|01 Avion|02 Couleur Jaune|03 Transsibérien|04 Ficelle|05 Générique|06 Les squelettes|07 Maux de Mars|08 Katherine|09 Docteur C|10 Saigon|11 Fripper|12 Générique|

Après la pause que s'est autorisée Karkwa, il fallait bien que Julien Sagot fasse quelque chose. Ce musicien français qui est parti à l'aventure à Québec. Un premier album, Piano Mal, sort. Puis, inlassable, Julien continue d'écrire, de composer, d'enregistrer. Comme tout bon musicien qui se respecte d'ailleurs. D'abord sorti sur Simone Records en 2014, Ici d'Ailleurs, dont le flair n'est plus à démontrer, prend le relais en 2015 pour la France pour son second disque, Valse 333. Titre quelque peu énigmatique pour un album qui l'est tout autant. Iconoclaste, Julien Sagot l'est à plus d'un titre. Il se distingue assurément par la structure de ses morceaux qui, quelque part, sont une espèce de mélange de Gainsbourg mutant et d'un Morricone modernisé. En soi, Julien Sagot n'est pas un vrai chanteur. Au mieux, il fredonne, il psalmodie, il déclame mais il ne chante pas vraiment. Mais c'est ce qui donne une partie de l'identité de ce disque nocturne et inventif. Et on insistera sur ce dernier point tant Julien Sagot sort des sentiers battus et se démarque d'une production francophone trop sure d'elle et portée sur les mêmes antiennes. Notre homme lui, construit sa propre légende, structure des univers complexes et, parfois, bancals. Julien Sagot entretient savamment ces ossatures labyrinthiques qui sont le reflet d'un personnage qui navigue dans des eaux pas toujours très claires. Mais il vaut mieux cela qu'un artiste qui n'aurait rien d'autre à proposer que des chansonnettes enregistrées par des requins de studios. Julien Sagot, lui, n'a sûrement pas les moyens des gros vendeurs mais il parvient à réaliser un petit miracle sonore et mélodique avec trois fois rien et dans lequel la nuit rime immanquablement avec une poésie surréaliste. Incroyable de bout en bout, Valse 333 traverse notre esprit avec des images qui se superposent et qui défilent comme si on était dans ce transsibérien chanté de manière débonnaire pour nous parler de ce qui, dans le fonds, fait tourner le monde depuis le début de toute chose  : l'amour entre deux êtres.

note : 9

par Fabien, chronique publiée le 20-11-2015

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