.:.Chronique.:.

Pochette

Dauby, Yannick

Wa jiè méng xun

[Ini.Itu::2013]

Ce qu'il y a d'assez fascinant avec le field recordings c'est que tout peut devenir matière même les choses les plus incongrues ou auxquelles on penserait le moins. En l'occurrence avec ce disque de Yannick Dauby on rentre dans le monde merveilleux des amphibiens. On pourrait croire à du grand n'importe quoi mais pas tant que ça, voire même pas du tout. Il faut dire que Yannick Dauby n'est pas le premier venu. Auteur de bon nombre de disques, il a aussi collaboré avec des artistes comme Hitoshi Kojo, Michael Northam ou Alio Die. En parallèle il aura aussi participé à différents projets comme Pizmo, Revenant, Entrelacs ou °Sone. En solitaire, Yannick Dauby s'est révélé être un spécialiste du field recordings et particulièrement dans une orientation ethnologique et des sciences naturelles. Rien d'anormal donc qu'il se tourne vers les amphibiens d'autant plus que ce n'est pas la première fois qu'il utilise ces charmantes petites bêtes pour constituer ses œuvres comme sur Songs of a Few Amphibians From Taiwan (Kalerne, 2007) ou Songs of the Frogs of Taiwan vol.1 (Kalerne, 2009). De fait, le travail de création fait sur Wa jiè méng xun n'est pas quelque chose de vraiment inédit chez lui. Mais peu importe car l'intérêt de cet album réside bien dans sa capacité de modeler la matière et de l'associer avec des traitements électroniques. Sur les deux pièces qui figurent sur ce vinyle, Yannick Dauby continue d'allier musique avant-gardiste et environnementale avec une science du détail tout à fait remarquable. A la limite les éléments électroniques ne sont là que pour donner plus de poids ou plus de corps à la matière naturaliste. De fait, Yannick Dauby créé un nouvel espace, un environnement spécifique mais jamais limitant. Tout évolue sans cesse, laissant ainsi la vie s'épanouir, grouillante et obsédante. On s'enfonce ainsi dans une nature vierge où l'homme n'est qu'un perturbateur ou un observateur attentif qui ne doit en aucun cas intervenir sur ce qu'il voit ou entend. Ce disque apparaît alors comme une vision fantasmé de ce qui a été récolté dans la nature taïwanaise pendant près de huit années. Si les deux pièces de ce disque sont issues de travaux basés sur une forme d'improvisation en système quadriphonique, elles restent une vision particulière de la faune tropicale. Il suffit dès lors de fermer les yeux et d'imaginer.

Yannick Dauby - Wa Jie Meng Xun - Extraits from claire willemann on Vimeo.

note : 7.5

par Fabien, chronique publiée le 23-06-2015

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http://www.kalerne.net/yannickdauby/

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