.:.Chronique.:.

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Gudnadottir, Hildur

Saman

[Touch::2014]

|01 Strokur |02 Fra|03 Birting|04 Heyr Himnasmidur|05 Baer|06 Heima|07 I hring|08 Rennur upp|09 Til baka|10 Lidur|11 Torrek|12 Poka|

Nous le disions à propos de Leyfdu Ljosinu, l'islandaise Hildur Gudnadottir est quelqu'un à part et elle nous le confirme avec Saman. Un disque intimiste, noueux et tout en profondeur. Saman signifie « ensemble » et dans ce ensemble il faut comprendre l'association du violoncelle de la jeune femme avec sa propre voix. Comme une sorte de dialogue. Deux entités qui ne font qu'un ou qui, du moins, viennent de la même personne. Cette conversation n'est perturbée qu'une seule fois par la basse de Skuli Sverisson sur Heima et un discret piano sur Lidur, mais dans l'ensemble c'est bien cette dualité corde/voix qui est mise en évidence la plupart du temps. Il n'y a donc pas d'excès dans la musique de Gudnadottir. Juste l'expression de deux éléments qui cohabitent généralement assez bien ensemble. Il en ressort douze morceaux mélancolique, entre le sombre et la déambulation sur des eaux embrumées, comme si la jeune femme explorait avec prudence et patience une terra incognita qui ne dit pas son nom. Ainsi, Hildur Gudnadottir prend le temps de peser chaque note, des les étirer, de les décrire tout en les regardant avec une attention accrue. Toute cette mélancolie nous rappelle les vastes paysages de l'Islande où l'empreinte de l'homme n'est pas aussi présente que sur le continent. Là bas, on sait ce que veut dire le mot solitude, l'idée d'immensité et de poser son regard sur ce qui nous entoure en étant sur de n'être déranger par personne. Saman est donc bien l'incarnation d'une musique introspective à la pureté sauvage et qui suit l'ordre naturel des choses. Rien ne saurait dès lors troubler cet équilibre fragile à la beauté diaphane et à la sensibilité à toute cette veine issue de la musique contemporaine même si on peut trouver des intonations médiévales (Heyr Himnasmidur). Mais une musique contemporaine toute nordique et les formes quasiment célestes que prennent les compositions de Hildur Gudnadottir ne font aucun doute. Il n'en demeure pas moins que Saman s'apprécie avec plus qu'une certaine empathie. On célèbre ici l'idée d'une beauté intemporelle qui vous remue les entrailles sans générer de réelles tempêtes. La musique de la jeune femme vous effleure autant qu'elle vous ébranle et ce sentiment ne se retrouve pas partout. Loin de là.

note : 8

par Fabien, chronique publiée le 25-05-2015

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